Que Dios Nos Perdone, Rodrigo Sorogoyen

Nous sommes à Madrid, ville sous tension avec l’arrivée du pape, les manifestations des indignés.. La police est sous les dents. Il ne faut surtout pas qu’il y ait de vagues. Les projecteurs des médias étant braqués sur la ville.. Ils sont deux : Alfaro et Velarde . Deux inspecteurs. Le premier, colosse fragile, vient d’être sanctionné par la police des polices pour avoir agressé l’un de ses collègues.. Le deuxième, s’appuie sur son collègue pour les interrogatoires. Il est bègue et en souffre.. Pourtant, Velarde a un talent particulier pour « sentir  » les enquêtes…Ils doivent retrouver un serial killer violeur et tueur de grand mères dans la plus grande discrétion.
Un film fort, dur.. Les deux personnages de policier sont très beaux, chacun à leur façon. On les sent touchés, envahis par la violence qu’ils côtoient à chaque instant, laissés à eux memes par leur hiérarchie. .. Même Velarde, lui qui parait si doux, devient agresseur sexuel vis à vis de la femme de ménage de son immeuble.
Où est le mal? Où est le bien?

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120 battements par minute, Robin Campillo

On a oublié cette époque, les années 90, quand le Sida tuait depuis une dizaine d’année.. A coté d’association plus consensuelles, Act-up Paris multipliait les actions coups de poing : envahissement de locaux d’entreprises pharmaceutiques, actions devant les ministères..
Robin Campillo nous fait partager la vie militante de militants actifs de l’organisation : réunions hebdomadaires,  actions coups de poing, ..mais aussi les fêtes..
On suit plus particulièrement l’histoire d’amour entre Sean : militant séropositif et et révolté et Nathan, nouveau dans l’association ..et les tensions dans le groupe entre Thibault, leader charismatique du mouvement qui est tenté parfois par le compromis et la radicalité de Sean et de ses amis…
Un film magnifique.. Chacun des protagonistes de l’histoire vit à 200 à l’heure, conscient que la mort le frôle à chaque instant..
Les acteurs sont formidables et plus particulièrement :
Nahuel Perez Biscayart dans le rôle de Sean, personnage à fleur de peau, vivant la vie jusqu’au bout…
Arnaud Valois dans celui de Nathan, calme, posé est amoureux fou de Sean..
Les scènes d’amour, de fin de vie sont très belles..
De belles leçons de militantisme « engagé, enragé, enchanté »!!!

 

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Pour un seul de mes deux yeux, Avi Mograbi

Avi Mograbi, un israélien qui croit en la paix.. On le suit chez lui conversant au téléphone avec un ami palestinien qui n’en peut plus de l’occupation et de l’enfermement derrière les Check Point ..
Tout au long du film, il nous amène à faire un parallèle avec le roman national qu’est le suicide collectif à Massada des habitants de l’époque refusant de se laisser prendre par l’occupant romain et la situation du peuple palestinien aujourd’hui..
La description de cette écriture fantasmée de l’histoire juive est terrible.. Comme cette scène où au petit matin, un groupe de jeunes est sommé de s’imaginer en 72 après J.-C. et de choisir entre : se rendre, prier, se battre jusqu’au bout et se suicider.. Glaçant..
Le réalisateur nous entraine  dans un concert de rock organisé par un groupe de juifs intégristes comme à la sortie d’écoles palestiniennes où les enfants sont bloqués à la bonne volonté des soldats israéliens pour rentrer chez eux..
« Références historiques d’un côté, attentats terroristes de l’autre : Mograbi tente de prouver avec une énergie désespérée qu’au fond il s’agit des mêmes pratiques, inscrites dans le passé violent de la région. La mort, comme réponse ultime à toutes les humiliations, toutes les oppressions qui s’y succédèrent. » Télérama..
Découvert à Douarnenez

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Le bouillon d’Awara, Marie-Clémence et Cesar Paes

La Guyane, frontière de l’Europe et lieu de tous les mélanges : Amérindiens, Européens, Créoles, Noirs-Marrons, Surinamiens, Hmongs et Brésiliens ..
A Manara, petit bourg de 1500 habitants, on essaye de faire de l’accélération des migrations et de la minorisation croissante des créoles de Guyane, un atout, une richesse symbolisée par ce bouillon du lundi de Pâques où se mélange toutes sortes d’ingrédients..
Un très joli film doux et fort… Plaisir à voir ces visages de toutes les couleurs qui essayent d’expérimenter ensemble le multiculturel…
Beaucoup pensé aux romans de Colin Niel…
Découvert à Douarnenez..

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Unveiled, Angelina Maccarone

Fariba, quitte son voile dans l’avion qui l’emmène de Téhéran vers l’Allemagne.. Elle fuit son pays car elle est persécutée à cause de son homosexualité…
Sa demande d’asile en Allemagne est rejetée.. Elle réussit malgré tout à rester dans le pays en prenant l’identité d’un réfugié politique iranien..
Déguisée en homme, elle trouve un travail au noir dans une petite ville . C’est là qu’elle rencontre Anne qui se prend d’abord d’amitié par le/la réfugiée..
Un très beau film découvert au festival de Douarnenez..
La situation des centres de détention et des réfugiés dans cette région d’Allemagne est terrible..
Fariba développe une très grande énergie vitale.. Belle histoire d’amour qui débute entre Anne et Fariba..

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Le garçon, Marcus Malte, Zulma

Il porte sa mère sur son dos pour l’emmener finir sa vie.. Il n’a pas de nom, ne parle.. Un quasi enfant sauvage..C’est ainsi que commence le roman.. Des rencontres vont modifier sa vie.. Les habitants d’un village perdu.. Puis un lutteur de foire, Brabeck, avec qui il apprend l’amitié, peut-être même l’amour filial.. Et puis, Emma avec qui il découvre l’émotion, la sensibilité.. l’amour physique… Avant la guerre, la grande, tueuse d’hommes et d’âmes…
Marcus Malte nous fait partager une vie faites de rencontres, de découvertes, d’amour, de douleur.. Les scènes d’amour avec Emma sont très belles comme sont terribles les scènes de guerre.. Un roman d’initiation..

 

 

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Repose-toi sur moi, Serge Joncour, Flammarion

Ils n’auraient pas du se rencontrer. Aurore, jeune femme, engagée dans le milieu de la mode, habituée des beaux quartiers de Paris.. Ludovic, agriculteur, venu fuir sa famille et la mémoire de sa femme à Paris..
Ils habitent dans le même immeuble mais pas le même bâtiment. Le premier lumineux et moderne. Le deuxième délaissé et sombre.. Mais, il y a les corbeaux…Des oiseaux qui ont envahi la cour de l’immeuble et qui effraient Aurore.. Mauvais signe pour elle, pour son entreprise mais aussi « outils » de rapprochement entre ces deux personnes…
J’aime bien les romans de Sergé Joncour : « l’écrivain national », « L’amour sans le faire », « UV ».. Ces personnages qui se cherchent, se tournent autour, se rencontrent pour un instant.. pour toujours? Aurore et Ludovic sont comme cela.. Attachés à leur histoire et prêts à basculer ..

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Mehdi Krüger

Découvert à Barjac..
Mehdi Krüger, un univers puissant et poétique…
« S’il te faut un être qui t’accompagne pour que tu t’accomplisses
S’il te faut une main dans la tienne pour que tu y parviennes
Mais sans qu’aucune ne convienne
S’il te faut les fautes des autres pour que tu te pardonnes à toi-même
Ouvre ma main
Voici une gomme pour tes erreurs d’hier
Un stylo pour celles de demain »
.

« LE RÊVE EST UNE ÉTINCELLE QUI S’ÉTEINT SEULE

ÉTOUFFÉE PAR LES MAINS SALES ET LES LINCEULS.

MAIS JE PRÉFÈRE QUE TOUT M’INDIGNE, QUE TOUT M’INDIFFÈRE

MÊME QUAND TOUT M’INDIQUE QU’ON NE PEUT RIEN Y FAIRE. »

On peut l’écouter sur son site

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Une vie violente, Thierry de Peretti

Il a tout d’un gentil garçon, Stéphane, plutôt intello.. On le découvre au début du film à Paris.. Un appel téléphonique lui apprenant la mort violente de deux de ses amis en Corse fait alors resurgir le passé..
On ne plaisante pas avec l’amitié. Stéphane accepte de transporter un sac chargé d’armes à feu pour l’un de ses amis.. Arrêté, il est pris en charge par un groupe de détenus politiques.. Il y rencontre, en particulier, François à l’allure de patriarche.. On s’enflamme sur le peuple corse, son âme, sa terre.. dévoyés par les autres mouvements clandestins..
Un sens à sa vie, une famille. C’est ce que croit découvrir Stéphane qui entraîne à son tour sa bande de copains….
Un film oppressant et très fort… On suit ces groupes de jeunes (pas que) s’enflammer, préparer des attentats dans des soirées entre hommes sans vraiment comprendre ce qui les anime mais le savent-ils vraiment eux mêmes..?

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La tresse, Laetitia Colombani, Grasset

Elles son trois. Trois femmes.
Smita, indienne, est une intouchable.. Elle survit en ramassant le contenu des toilettes des personnes des autres castes. Elle a décidé que sa fille ne vivrait pas la même vie qu’elle et qu’elle ferait des études..
Giulia est sicilienne. Elle travaille dans l’atelier de son père.. Elle fréquente en secret Kamaljit, un beau Sikh.. Mais son père est victime d’un accident.. Que va t’il se passer pour l’entreprise?
Sarah, canadienne est une avocate très réputée. Son travail est sa vie. Elle y a sacrifiée sa vie personnelle et celle de ses enfants.. mais le corps a ses limites et Sarah découvre qu’elle a une grave maladie..
Le roman alterne les chapitres où l’on suit la vie de ces trois battantes…
Un très beau livre. Ces trois femmes doivent déployer beaucoup d’énergies, dans des situations très différentes et  à un moment charnière de leur vie,  pour sortir de leur condition..
Trois beaux portraits.
 » Je dédie mon travail à ces femmes
Liées par leurs cheveux,
Comme un grand filet d’âmes. »

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