Ivre de femmes et de peinture, Im Kwon-Taek


Jang Seung-Ub, dit Ohwon, un jeune orphelin coréen devient peintre grâce au soutien de Kim Byung-Moon, un bourgeois fortuné et esthète. . Très vite, en reproduisant de façon parfaite une œuvre d’un grand maître chinois, il suscité l’admiration et l’envie.. Tout le monde se gausse de ses origines modestes.. Comment un pauvre peut-il être capable d’émotion? Mais très vite aussi, l’insatisfaction grandit chez lui.. Pour amplifier ses capacités créatrices il a besoin sans arrêt de boire jusqu’à plus soif, de quitter les femmes qui se succèdent, de changer de ville..
Il pratique son art avec hargne, détruisant ce qui lui semble tomber dans le facile..
Quand on le voit peindre torse nu, penché sur sa toile comme pour la prendre à bras le corps on pense à Picasso..
Un film magnifique sur un artiste habité par son œuvre, par son pays qui passe sans arrêt d’une domination à une autre, par la nature qui le nourrit, par son amour du petit peuple dont il est issu..
Merci au festival Panoramic pour cette belle soirée.

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Printemps, été, automne, hiver..et printemps, Kim Ki-duk

Un temple bouddhiste au milieu d’un grand lac.. Là vivent un maître Zen et son disciple.. Calme et recueillement? Les choses ne sont pas si simples. L’enfance est aussi souvent cruauté. L’adolescence est l’âge du bouillonnement. L’amour n’est pas un long fleuve tranquille et la jalousie…
Très beau film dégusté grâce au festival Panoramic..

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Deep Winter, Samuel W.Gailey, Gallmeister

Une petite ville de Pennsylvanie.  C’est là que vit Dany, un très gentil garçon, « un peu innocent » comme on dit. Il travaille dans un lavomatique et aime beaucoup Mindy, une amie d’enfance, serveuse et toujours gentille avec lui. On n’en trouve pas beaucoup de gens gentils dans ce village et beaucoup d’hommes ont la gâchette facile comme Sokowski le sheriff adjoint.Tout s’écroule autour de lui quand Dany retrouve Mindy morte chez elle. . Sokowski fait tout pour qu’il soit regardé comme le coupable..
Un très beau roman. Réflexion sur la différence, la tolérance..Dany, malgré son handicap mental,  essaye de comprendre tout le monde. Un beau personnage dans un monde assez frustre. .

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Salles d’attente, Charles Masson, Casterman écritures

Plusieurs « histoires » qui nous parlent du quotidien d’un médecin. La plus longue : « soupe froide ». Un clochard au « bout du bout » part seul en pyjama dans la neige parce qu’on lui a servi « une soupe froide ». Même dans la rue, il avait droit à une soupe chaude. Le dernier droit?? Sa balade dans la neige l’amène à revenir sur sa vie, rupture familiale, professionnelle… On suit en parallèle l’angoisse de médecins et infirmières qui ne le trouvent plus..
Charles Masson nous fait vivre aussi l’humour « très lourd » des carabins, les nuits de gardes, les relations médecins/infirmières….Comment annoncer une mauvaise nouvelle?…
J’adore le style brut, « charbonneux » (Benoit Petters) de Charles Masson. Une façon de nous faire partager ses interrogations, ses doutes.. mais aussi son regard sur les gens (les « petites »). Un regard tendre, engagé, complexe..
« Il y a dans ces pages, la même épaisseur humaine, la même obstination, le même désespoir, mais aussi la même dignité que dans les graphic novels, les romans dessinés du grand Will. » Martin Winckler.

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Marina Belleza, Silvia Avallone, J’ai lu

Dans une Italie où tout s’écroule, deux paumés : Marina et Andrea.  Une enfance compliquée, une envie de se rebeller..
Marina se rêve tout en haut du top 50.  Andrea rêve de reprendre la ferme de son grand père en haut de la vallée. Ils s’aiment, comme chien et chat,  depuis presque toujours.  Leur histoire les fait se quitter et se retrouver car les liens qui les unissent, sont plus forts que tout.
Après « D’acier », un  nouveau très beau roman de Sylvia Avallone. Regard tendre sur cette Italie des plus pauvres. Regard acéré sur le manque de sens de cette société du clinquant qui étourdit.  Regard d’adhésion pour ces jeunes qui veulent tenter autre chose malgré tout : retour à la terre, recherche d’autres valeurs plus solidaires..Regard optimiste aussi sur ces situations familiales qui semblent désespérées
 » Ce n’est pas vrai que ce qui compte, c’est où on arrive. Ce qui compte, c’est d’où on vient  » .
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Le poète de Gaza, Yishaï Sarid, Babel noir

Un agent des services secrets israéliens se voit confier une mission délicate et urgente.. Il doit se rapprocher de Dafna, belle romancière, vieille amie d’Hani : poète palestinien.. Ce dernier est atteint d’un cancer très grave. Homme d’une grand humanité et d’une grande culture, il a vécu longtemps à Jaffa avec Dafna.. La cible des services secrets est le fils de Hani, responsable d’un réseau terroriste qui prépare un attentat..
Très vite une complicité s’établit entre notre agent et Dafna.. Entre fidélité à ses employeurs et  la confiance de Hani et Dafna, le cœur de celui-ci hésite….Il est aussi écartelé entre un travail qui envahit sa vie et sa famille..
Un beau roman.. Réflexion sur la violence d’état, sur la torture.. Réflexion aussi sur l’évolution de l’état d’Israël, sa volonté d’expansion.. La culture contre la barbarie..
 » Ca n’arrête pas de construire chez vous, s’est étonné Hani. Et rien que des gratte-ciel! Regarde ce qu’il y a chez vous et ce qu’il ya chez nous. Le même pays, la même terre, le même sable. Vous avez tout et nous rien. Mais vous êtes trop nerveux. Il vous manque notre patience.  »

 

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Patients, Grand Corps Malade et Mehdi Idir


Accidenté après un plongeon, Ben se découvre tétraplégique « incomplet ». Il doit apprendre au jour le jour à supporter la dépendance, jusqu’aux gestes les plus intimes de la vie..Il découvre aussi toutes sortes de handicaps : tétraplégiques, paraplégiques, traumatisés crâniens .. Dur de ne pas savoir ce que l’on sera plus tard au début de la vie. Ben trouve la force de se battre, avec ses amis, qui utilisent l’humour pour dépasser leurs peurs, leurs difficultés…
Un beau film dans l’esprit du livre de Grand Corps malade.. Beaucoup d’humour, de tendresse, d’auto-dérision, de solidarité.. Le personnage principal et toute sa petite bande sont formidables. Un chœur à plusieurs voix pour nous faire sentir au plus près la réalité du handicap..

 

 

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Fiore, Claudio Giovannesi

Un oiseau traqué.  Fiore survit en volant à l’arraché des téléphones portables. Ce qui devait arriver arrive. Arrêtée elle se retrouve en prison pour mineure. Là c’est la loi de la plus forte. Codétenues, surveillantes. .Il faut se défendre. . Heureusement, il y a le père, lui même sorti récemment de prison. L’espoir d’un abri.. Il y a aussi Josh, lui aussi jeune détenu avec qui une histoire d’amour s’ébauche. .
Très beau film . Les deux jeunes acteurs sont formidables. Fiore vit comme un jeune animal qui réagit à l’instinct.  Refus des contraintes. L’amour plus fort ?
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L’autre coté de l’espoir, Aki Kaurismäki


Helsinki.. Wikström, la cinquantaine, décide de quitter sa femme et son travail de représentant de commerce.. Khaled, lui, a quitté la Syrie et débarque en Finlande par accident .. Tous les deux tentent une nouvelle vie.. Wikström rachète un restaurant avec d’improbables employés.. Khaled, lui dont la demande d’asile a été rejetée, cherche à se cacher. Très simplement, toute l’équipe du restaurant décide de prendre le jeune syrien sous sa protection..
Kaurismäki filme les hommes au plus simple.. La solidarité ne se calcule pas. Elle vient toute seule et ce sont les plus fragiles qui la mette le plus en pratique . Un film très humain. Cette ambiance de douceur dans un monde brutal est amplifiée par la présence de ces musiciens de blues et de rock dont la musique met de la couleur dans des paysages bien tristes..

 

 

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Et les mistrals gagnants, Anne-Dauphine Julliand

De bonnes bouilles d’enfants.. Il y a Ambre, Camille, Charles, Imad et Tugdual .. Ils ont entre six et neuf ans. Ils jouent, rient comme tous les autres enfants.. Pourtant, tous ont une maladie qui les rongent.
La réalisatrice les filment à leur hauteur sans pathos.. Des petites leçons de vie.. Ils disent leur joie de l’instant présent..

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