
De la tristesse à voir ce film d'Alain Corneau, le
jour où l'on annonce son décès. Ce réalisateur restera plus
dans ma mémoire, cependant, pour "Tous les matins du monde", "Police
python 357" ou surtout "série noire" que pour ce dernier film.
J'ai eu du mal à croire aux personnages de cette histoire surtout à celui
joué par Ludivine Sagnier : Isabelle.
Isabelle et Christine (très belle Kristin Scott Thomas) vivent dans le tout petit monde des dirigeants de multinationales. La
première est en admiration devant la seconde qui règne sur la filiale
française d'une multinationale. Toutes les deux ont voué leur vie à leur
carrière, leur entreprise. Mais le besoin d'amour est malgré tout, toujours
présent. Aussi quand Christine croit qu'Isabelle est en train de lui prendre sa
place, tous les coups sont permis.. Le harcèlement se met en place..Mais la
jeune Isabelle, si propre sur elle même et si travailleuse n'est pas la belle
et douce oie blanche qu'il n'y paraît...
C'est pourtant une belle critique sociale que nous propose le réalisateur. Un
univers où l'amitié, l'amour, le collectif n'a pas beaucoup de sens. L'univers
des battants, des "winners". Un monde où tout va vite..
L'interview de Hartmut Rosa,dans le Monde Magazine, rend bien
compte de cette évolution de notre société .
"Car, même en vacances, nous devons tout faire très vite, de la
gymnastique, un régime, des loisirs, que nous lisions un livre,
écoutions un disque, ou visitions un site. Voilà pourquoi on entend dire
à la rentrée : "Cet été, j'ai fait la Thaïlande en quatre jours." Cette
accélération des rythmes de vie génère beaucoup de stress et de
frustration. Car nous sommes malgré tout confrontés à l'incapacité de
trop accélérer la consommation elle-même.
S'il est vrai qu'on peut visiter un pays en quatre jours, acheter une
bibliothèque entière d'un clic de souris, ou télécharger des centaines
de morceaux de musique en quelques minutes, il nous faudra toujours
beaucoup de temps pour rencontrer les habitants, lire un roman ou
savourer un air aimé. Mais nous ne l'avons pas. Il nous est toujours
compté, il faut se dépêcher. C'est là un des stress majeurs liés à
l'accélération du rythme de vie : le monde entier nous est offert en une
seconde ou à quelques heures d'avion, et nous n'avons jamais le temps
d'en jouir."
L'article comme le film ne sont pas très optimistes..
Et si on ralentissait.."
Sur le film, à lire aussi le billet de Lo
































