
"Laure a écrit miette par miette ces semaines épuisantes à se battre contre elle-même. Le temps au compte-gouttes qu'elle regarde couler au bout de son stylo, ce temps suspendu, asphyxié. Elle dévorait comme un ogre pour maintenir son poids de sortie, elle avait collé sur le réfrigérateur le programme de la diététicienne, c'était un comble, quand même, toute cette bouffe qu'il fallait ingurgiter"
Laure n'a plus que la peau sur les os quand elle accepte d'entrer à l'hopital. Parce qu'elle a froid, qu'elle ne sait plus comment s'asseoir, qu'elle voit la peur dans le regard des gens dans la rue quand ils la croisent..
Va t'elle rester, accepter de se laisser gaver?
C'est un combat contre elle même, contre toutes les raisons qui l'ont amenées là qu'elle va mener.
Et petit à petit, c'est une autre stabilité que celle qu'elle avait, enfermée dans sa maladie, qu'elle va construire. La sécurité de la chambre, de la présence rassurante ou provocante de son médecin, des autres malades de l'hôpital, de l'envie de vivre qui revient petit à petit.....
"Faut bien du courage pour arrêter de manger, dit un soir une dame en robe de chambre matelassée. Laure ne tente pas d'expliquer. Elle dit, non madame, ça n'a rien à voir..."
Un récit bouleversant, sensible, optimiste...
