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Dans un monde incertain, il est
important d'avoir des points d'appui solides. Nicolas Hulot et François
Chérèque réaffirment comment et dans quelles conditions l'Europe peut être ce
pôle de stabilité..
C'est aussi ce dont ont besoin les enfants de l'école primaire : "il est
irresponsable de supprimer purement et simplement deux heures de cours, les
cours du samedi matin, en affirmant que c’est l’intérêt bien compris des
familles, et de demander ensuite à l’école et aux collectivités locales de
s’adapter, de se débrouiller."
C'est d'une société bâtie sur la confiance que nous avons besoin, en
opposition avec le fichier Edvige
qu'il faut abandonner..
Une Europe qui partage et
protège
"Au
moment où les crises - énergétique, alimentaire, climatique, financière,
sociale - convergent dangereusement et multiplient les victimes sur la planète,
nous avons plus que jamais besoin d'Europe. C'est notre meilleur socle pour répondre
collectivement aux enjeux de l'époque et construire un modèle de société qui
mette enfin l'économie au service de l'humain.
Or voici que l'Europe ajoute sa propre crise à celles qui accablent le monde.
Quoiqu'on pense des raisons, très hétérogènes, du refus irlandais du traité
de Lisbonne, celui-ci révèle encore une fois le déficit de l'institution
européenne vis-à-vis des peuples qui la composent. L'Europe telle qu'elle se
fait soulève de moins en moins de désir d'adhésion. Elle incarne, au
contraire, les craintes de nos sociétés vis-à-vis d'une mécanique qui paraît
étrangère à leurs préoccupations quotidiennes et à leurs angoisses du
futur.
(..)
A l'Europe de saisir cette chance et de se montrer à la hauteur ! Avec ses 27
Etats et ses 500 millions de citoyens, elle en a la puissance et les moyens.
Pour sortir du scénario noir où elle est encalminée, l'Europe doit se doter
d'un projet qui concerne directement le mode de vie de ses populations, qui les
engage dans une même communauté de destin. Quel meilleur point de convergence
et de cohésion que de bâtir une alternative à partir des nécessités écologiques
et sociales ? Quel meilleur vecteur de mobilisation que de déterminer des
politiques en fonction des conditions de la vie, celle des hommes et de leur
environnement ? En adoptant, en affichant cette priorité, l'Europe peut ouvrir
une autre voie, pour ses populations et pour le monde.
Une Europe durable et solidaire, une Europe du juste échange plutôt que du
libre échange, une Europe qui partage et protège, une Europe de la modération
et de la sobriété, une Europe qui régule l'ère de l'après-pétrole, une
Europe du contrat social, une Europe qui redonne du sens au progrès, bref une
Europe qui rayonne comme un nouveau foyer de civilisation.
Nicolas Hulot est président de la Fondation Nicolas Hulot., François
Chérèque est secrétaire général de la CFDT.
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Donner du temps... au temps de l’élève
"Antoine Prost a souligné avec force combien la nouvelle disposition, prise
brutalement par le ministre Xavier Darcos l’automne dernier, allait être préjudiciable
aux élèves. Moins de jours de classe, mais des journées très chargées où
il faudra faire plus avec moins. Plus, car en même temps, on envisage le temps
scolaire comme un ensemble de cours, alors qu’il faut distinguer « faire
cours » et « faire classe », et on oublie que ce qui est
essentiel, ce n’est pas ce que l’enseignant « fait » mais les
activités des élèves. Or, dans un temps resserré, la tendance sera à
l’intensif, avec quelques heures de soutien, placés à de mauvais moments de
la journée et qui seront inefficaces, car la plupart du temps conçues sans
vraie cohérence avec l’ensemble du travail. Mieux vaudrait un accompagnement
pendant les heures de classe, même s’il peut y avoir une aide complémentaire,
pensée dans un ensemble.
Pour Hubert Montagner, on tourne le dos à tous les travaux des chercheurs en
matière de rythme. Mais le ministre a tendance à traiter tous les chercheurs
en ce domaine comme dans d’autres avec un mépris incroyable, prétendant par
exemple que la chronobiologie est une spécialité française alors que c’est
bien évidemment faux."
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