"Vous qui vivez en toute quiétude
Bien au chaud dans vos maisons,
Vous qui trouvez le soir en rentrant
La table mise et des visages amis,
Considérez si c'est un homme
Que celui qui peine dans la boue,
Qui ne connaît pas de repos,
Qui se bat pour un quignon de pain,
Qui meurt pour un oui ou un non
Considérez si c'est une femme
Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
Et jusqu'à la force de se souvenir(...)
Pensez-y chez vous, dans la rue
En vous couchant, en vous levant,
Répétez-le à vos enfants,
Ou que votre maison s'écroule, que la maldie vous accable
Que vos enfants se détourne de vous."
"Si c'est un homme", Primo Lévi Cité dans "Ils ont nommé l'innommable" Pierre Mertens, Le magazine littéraire, janvier 2005