"Fini le prétexte de la fuite, il lui fallait maintenant réapprendre à vivre. Se lever le matin dans son lit, remplir une journée et se coucher le soir comme tout le monde. Mais pour cela, il fallait s'installer, penser et agir comme s'il n'y avait plus de retour possible. Fallait-il sauter ce pont qui le reliait à tout ce qu'il avait le plus cher? Le moment de prendre une telle décision était désormais tout proche et le torturait au point de lui faire regretter les instants les plus malheureux de la fuite"

"Auguste avait toujours agi sous l'impulsion de la passion, dans la course, il n'avait jamais compris l'amour. Pour cela, il faut s'arrêter et saisir. Il faut aimer les gens pour les connaître, il n'avait pas compris son pays. Aujourd'hui, il savait. A cinquante ans, à la fenêtre de cet hôtel face à l'océan, Auguste était certain que maintenant, il était prêt à aimer. Mais pour commencer, il lui fallait arrêter la course. La course idéologique, littéraire, le frisson sublimé de la fuite. S'arrêter enfin pour aimer.."

Cesare, de son lointain(?) exil, aidé par BHL et Fred Vargas regarde son passé et son présent en face.
Dans une première partie, il revient sur son histoire. Sa jeunesse militante, la rencontre avec les PAC et leur chef Pietro Muti. Son opposition à l'utilisation des armes. Il démontre son innocence et instruit le procès du gouvernement français qui l'a vendu, au mépris de la parole de la France, au gouvernement de Berlusconi.
Il rompt aussi le silence sur l'attitude de ses "confrères" italiens pour qui le fait de se déclarer innocent revient à cracher sur leur passé militant.
Cesare fait aussi le récit de son arrestation, de son premier procès, de son angoisse de perdre la liberté.

La deuxième partie est une fable. Cesare s'abrite derrière le personnage d'Auguste qui cherche un lieu où se poser, arrêter de fuire.
Un livre très émouvant, pleins d'attention envers ceux qui ont cotoyé l'écrivain, ceux qui l'ont aidé à vivre ces moments dramatiques