Dans un beau billet du Monde, Jean Michel Dumay, s'appuie sur l'exemple de ce jeune chômeur du Nord de la France obligé de creuser lui même la tombe de son père par manque de moyens, pour porter un regard sur notre société où l'individu est renvoyé à lui même.
Autant autrefois, la société pouvait être oppressante car tout était codifié par le groupe, autant aujourd'hui "l'individu se voit confier la responsabilité de son destin".Or "confronté à l'incertain, aux décisions personnelles, aux choix de vie et engagements, l'individu est déstabilisé, dérouté. Il souffre", notait Alain Erhenberg (La Fatigue d'être soi, Odile Jacob, 1998).
"Cela laisse des traces : une société fondée sur la sollicitation permanente de soi provoque facilement des dépressions, un affaiblissement de l'estime de soi, une fragilité, qui ouvre la porte au sentiment d'humiliation. Un geste, un regard, une parole... Le sentiment est à son comble quand survient la chute, ou quand naît seulement sa peur. Quand vient aussi le temps de ne plus pouvoir consommer dans une société qui invite perpétuellement à le faire."
"Que possède-t-on lorsqu'on n'a rien que soi-même ?"Hannah Arendt