Sur son blog, Thierry Pech écrit :
"On peut dire pour schématiser qu’il existe aujourd’hui trois France : celle de la stabilité, celle de l’indépendance et celle de l’infortune.
La première est faite de salariés proches du secteur public ou abrités dans de grandes entreprises assez protectrices. S’il lui arrive de se sentir menacée dans ses statuts ou son pouvoir d’achat, de craindre pour ses enfants, elle dispose encore d’une certaine maîtrise de son avenir.
La seconde (la France de l’indépendance) est, pour sa part, composée de gens qui ont le sentiment de pouvoir s’en sortir par eux-mêmes. Elle est faite de chefs d’entreprise, d’une grande partie des professions libérales, de cadres supérieurs du privé, de commerçants, d’artisans… Si elle se plaint beaucoup (du droit du travail, des prélèvements obligatoires, des « tire-au-flanc »…), elle reste néanmoins porteuse d’un rapport optimiste et volontariste à l’avenir.
Reste la troisième, la France de l’infortune. Vulnérable aux coups du sort et matériellement défavorisée, elle est composée pour l’essentiel de salariés précaires, d’ouvriers peu ou pas qualifiés, d’employés fortement exposés au risque de chômage, de travailleurs modestes exerçant dans de petites entreprises et de tout un prolétariat de services où l’on retrouve la plupart des salariés pauvres. Cette troisième France entretient un rapport anxieux à l’avenir : elle ne sait pas de quoi demain sera fait, dispose rarement d’un patrimoine de sécurité ou d’une famille aisée pour lui venir en aide, et son faible niveau de qualification ne lui donne pas un accès facile au marché du travail."

Nos policiers : Resnick, Wallander, Erlendur... vivent mal leur métier car ils sont au centre de cette contradiction. Amenés à traquer des criminels issus de ce peuple de l'infortune, ils font partie de celui de la stabilité et sont confrontés aussi à l'arrogance de celui de l'indépendance. Bien souvent aussi, ils voient leurs enfants basculer du coté des premiers.
La suite du billet de Thierry Pech