dimanche 29 avril 2007
Tea-bag, Henning Mankell, Seuil
Par Alain Le Flohic, dimanche 29 avril 2007 à 11:08 :: Lecture

Jesper Humlin, célèbre auteur suédois vit confortablement de sa poésie. Il cherche un sens à sa vie, à son écriture entre une mère, égocentrique et son amie, infirmière qui le pousse à s'engager durablement avec elle. Son agent le pousse à écrire un roman policier. Seule solution pour lui, d'obtenir un tirage important.
Un jour, un ancien ami, l'invite à une rencontre avec des
jeunes femmes, émigrées avec ou sans papiers. A travers les récits, réels ou
fictifs qu'elles lui font, il croit trouver un nouveau sujet pour son
inspiration. Mais ces quatre jeunes femmes nigérianne, iranienne, d'Europe de
l'est ne sont pas des marionnettes. Grâce à elles, il va découvrir une Suède
(une Europe?) invisible à nos yeux.
Elles disent toutes les quatre leur combat pour survivre .
"Un jour, la montagne des corps entassés au fond de la mer s'élèvera si
haut que le sommet émergera hors des vagues comme une nouvelle terre, et ce
pont de crânes et de tibias fera le lien entre les continents, un lien qu'aucun
garde-côte aucun chien, aucun marin ivre mort, aucun passeur ne pourra
détruire. Alors seulement cette folie cruelle cessera, cette folie où des gens
innombrables qui fuient pour leur vie sont contraints de s'enterrer dans des
sous-sols et d'être les hommes des cavernes de l'ère nouvelle."
Face à notre indifférence, elles portent une certitude : "Je crois que je
suis plus forte que cette grisaille qui cherche à me rendre invisible.
J'existe, même si je n'ai pas le droit d'exister, je suis visible alors que je
vis dans l'ombre".
Henning Mankell, encore une fois après Comedia Infantile et le Fils
du vent s'attache à décrypter en romancier l'égoïsme de nos sociétés
repliées sur elle même et qui ne voient pas que les frontières ne sont que
des lignes invisibles, impuissantes face à la misère










