La Mer pour horizon

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mercredi 11 avril 2007

Pour Ségolène Royal

"Voilà pourquoi, même si je respecte leurs convictions, et en partage plus d’une, je ne veux pas que ceux qui pratiquent l’opposition radicale, jusqu’à en prôner la professionnalisation durable, nous entraînent dans leur noble impuissance.
Voilà pourquoi je pense que nous, le soir, dans nos dîners, devons cesser nos tergiversations de précieux ridicules. C’est du luxe. Un luxe insolent aujourd’hui. Beaucoup dans ce pays ne peuvent se le payer. Ils souffrent. Ils sont mal-logés, ou pas logés. Ils mangent mal. Ils sont mal soignés, ne connaissent pas leurs droits, donc n’ont droit à rien. Ni lunettes, ni dents, ni vacances, ni outils de culture. Leurs enfants n’héritent que de leur seule fragilité. Ils souffrent. Ils sont humiliés. Ils ne veulent pas, ils ne peuvent pas, eux, passer un tour. Encore un tour. Jamais leur tour.

Alors, dépêchons-nous. Il y a du monde qui attend. Allons-y, bon sang! Il n’y a plus une minute à perdre. Cette femme, eh oui, cette femme porte nos couleurs, elle les porte vaillamment, courageusement, noblement. Et quand je dis couleurs, je ne parle pas des seules trois couleurs de notre drapeau. Je parle des couleurs de la France, celle que j’aime, celle de la citoyenneté vigilante, de la compassion pour les faibles, de la sévérité pour les puissants, de son amour intelligent de la jeunesse, de son hospitalité respectueuse et exigeante… Je parle des couleurs de l’Europe à qui nous manquons et qui nous manque.
Voilà pourquoi je vote pour les travaux d’Hercule, je vote pour Ségolène Royal, et je signe son pacte.

Ariane Mnouchkine
http://mnouchkine.blogs.liberation.fr/le_fil_da/2007/04/pour_sgolne_roy.html

"La maison du retour" Jean-Paul Kauffmann, Nil éditions

Jean Paul Kauffmann a été otage au Liban pendant trois ans. A son retour, il cherche où se ressourcer. C'est une maison des Landes qui va être son refuge, son sas pour retrouver la société des vivants.
Dans ce livre, il nous raconte ses recherches, les raisons qui lui font choisir cette maison au milieu des pins. Les arbres, les odeurs, les animaux (un crapaud bleu), les insectes lui permettent de se relever, de réapprendre à vivre. Entouré au début de deux ouvriers portugais, peu bavards il apprivoise son nouveau lieu de vie. 
Lui qui a été sevré de lectures pendant sa captivité, se complait dans Virgile : les Géorgiques. Comme les déportés des camps nazis, les livres l'ont sauvé et tout particulièrement la poésie qu'il se récitait à lui même. Avec les quelques livres qu'il a obtenu en cellule, il a un rapport complètement différent avec la lecture qu'autrefois.
"Enfoui au fond de ma lecture, produisant en moi même un autre texte. Jouissance rare, elle équivalait à une remise en liberté provisoire". "Enchaîné, j'ai connu à la lueur d'une bougie l'adhésion absolue au texte, la fusion intégrale aux signes qui le composaient. La question du sens, je le répète, était secondaire"..
Un très beau livre où l'on sent l'odeur des pins, l'écrasante chaleur, les odeurs de cette maison apprivoisée..