Jean Paul Kauffmann a été otage au Liban pendant trois ans. A son retour, il cherche où se ressourcer. C'est une maison des Landes qui va être son refuge, son sas pour retrouver la société des vivants.
Dans ce livre, il nous raconte ses recherches, les raisons qui lui font choisir cette maison au milieu des pins. Les arbres, les odeurs, les animaux (un crapaud bleu), les insectes lui permettent de se relever, de réapprendre à vivre. Entouré au début de deux ouvriers portugais, peu bavards il apprivoise son nouveau lieu de vie. 
Lui qui a été sevré de lectures pendant sa captivité, se complait dans Virgile : les Géorgiques. Comme les déportés des camps nazis, les livres l'ont sauvé et tout particulièrement la poésie qu'il se récitait à lui même. Avec les quelques livres qu'il a obtenu en cellule, il a un rapport complètement différent avec la lecture qu'autrefois.
"Enfoui au fond de ma lecture, produisant en moi même un autre texte. Jouissance rare, elle équivalait à une remise en liberté provisoire". "Enchaîné, j'ai connu à la lueur d'une bougie l'adhésion absolue au texte, la fusion intégrale aux signes qui le composaient. La question du sens, je le répète, était secondaire"..
Un très beau livre où l'on sent l'odeur des pins, l'écrasante chaleur, les odeurs de cette maison apprivoisée..