Lu sur Rue 89
Deux mensonges
Qu’importe au président de la République: sa politique étrangère, bien au delà de l’affaire libyenne, est manifestement subordonnée à des objectifs de politique intérieure, à des impératifs de communication. A cet égard, il a bien compris qu’il avait plus à gagner à ramener les infirmières dans son avion qu’à faire subir -un tant soit peu- à Kadhafi le prix de crimes commis dans un pays lointain ou commis dans un temps lointain, dans le cas du DC 10.
Là se joue un deuxième mensonge, un mensonge que, par confort, nous nous faisons à nous-mêmes: la responsabilité en incomberait exclusivement au cynisme du pouvoir.
Or, si le pouvoir s’arroge la liberté d’être cynique, c’est qu’il sait bien que la politique étrangère touche peu les Français, et moins encore le thème de la moralisation de notre politique extérieure. Les Français ne sont pas prêts à juger et à sanctionner électoralement les responsables politiques à cette aune. Par indifférence. Parce qu’on leur présente trop souvent l’immoralisme sous le jour de la realpolitik.
Ces deux mensonges se nourrissent l’un l’autre, sans que l’on sache bien lequel entraîne l’autre.