Des gens dont on ne parle pas au cinéma mais comme le dit le réalisateur Abdellatif Kechiche : "Je voulais donner à mes personnages une dimension romanesque et ne pas les limiter à des archétypes socioculturels caricaturaux. Je souhaitais leur apporter plus d'humanité qu'on ne le fait souvent. Ce sont des hommes et des femmes. Pas des symboles.". Du temps : le film dure 2h27. 
Le réalisateur aime ses personnages, ses comédiens. On sent que l'équipe du tournage forme une bande, un collectif comme toute la famille recomposée, élargie de Slimane.
C'est un bel homme, au début de la vieillesse, qui est jeté de son travail de menuisier de marine après de nombreuses années de bons et de loyaux services. Il vit dans un hôtel dont la propriétaire est sa nouvelle compagne mais continue à recevoir sa part de couscous de son ex-femme, bonne cuisinière et ménagère et icône de la mère algérienne. Slimane, qui est fier, veut se relancer en ouvrant un restaurant de couscous au poisson (spécialité de son ex-femme) sur un vieux bateau qu'il va retaper.. Aidé de Rym, la fille de sa compagne (magnifique comme toutes les femmes du film), il est confronté à toutes les démarches administratives pour ouvrir son commerce..
Le film est magnifique d'humanité. Abdellatif donne du temps au temps et nous offre de magnifiques échanges. Entre Rym et sa mère qui ne veut pas, par orgueil, participer au premier repas sur le bateau. Entre Slimane et Rym où celle-ci redit à son beau-père que sa vie est ici en France, qu'il s'est enraciné malgré les difficultés. Autour du couscous familial..
Les personnages sont beaux parce que complexes.
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