Marc Villard et Jean Bernard Pouy aiment se jeter des défis. Après Ping-Pong, ils se sont proposés d'interférer, de prolonger, de détourner le texte de l'autre.
A tour de rôle, ils nous proposent une nouvelle qui est reprise par l'autre.
JB Pouy adore nous  proposer des histoires néo rurales dont les personnages sont une corneille, une vache, un chien,..
"Je souffle, je suis bien. En ce moment l'herbe est touffue, et mes pis gonflent assez pour qu'on vienne me traire tous les soirs et tous les matins. Je fais quelques pas, j'évite mes bouses, faut pas croire, les vaches tentent toujours de rester propres".
M  Villard les reprend à sa sauce plus urbaine, plus jazzy. Quand c'est son tour de dégainer, on a plutôt à faire à des tueurs en série, un frigo..
"Mais cet homme qui achève un cycle est en fait une victime révoltée de la société spectaculaire marchande. Qu'il ait tué quatorze personnes en trois ans est d'un intérêt limité".
Beaucoup d'humour noir et de jubilation dans ces nouvelles.
Le recueil se termine par une très belle nouvelle de Gilles Mangard : "En silence" sur des airs de jazz.
"Sous la douche qui criait, il alternait le chaud et le froid. Je le sens, je suis vivant. J'élimine le tiède de mon existence. Chaud-froid, froid chaud. Je vais remplir cette enveloppe trop maigre qui me sert de frontière entre dedans et dehors".