La première concerne les bibliothèques, cibles des révoltes des banlieues :
Les questions que se posent les auteurs de l'article sont fondamentales :
"Depuis un peu plus d’un an, nous menons une enquête de terrain pour tenter de comprendre ces événements [1]. Comment sortir de la perplexité dans laquelle nous laisse le fait d’une bibliothèque brûlée ? Comment comprendre ces actes ? Qu’est-ce qui est ciblé ? Une institution publique ? Un bâtiment représentant le pouvoir ou la République ? Une bibliothèque… Mais qu’est-ce qu’une bibliothèque ? Et qu’est-ce qu’une bibliothèque pour eux, les auteurs des violences ? Pour « eux », c’est-à-dire, d’autres que nous ? Le premier pas à faire pour sortir de l’embarras, c’est de prendre conscience que nous autres, bibliothécaires, enseignants et sociologues, nous faisons partie d’un même groupe particulier : nous gagnons notre vie et nous affirmons notre position sociale dans le marché du livre. Le livre est souvent présenté comme un attribut de l’individu, un support d’approfondissement de son rapport à soi. Mais il est aussi un objet social dont on se sert pour tracer des frontières entre les groupes et les catégories."
La conclusion  : Professionnalisées, les bibliothèques sont dans l’impossibilité de mener un tel travail. Les partis politiques agissent sur le monde populaire depuis l’État et par l’intermédiaire des institutions. Il est temps peut-être de sortir vers la société civile pour participer davantage, et dans le face-à-face, à la socialisation politique des individus et à la formation des groupes sociaux. Cela enlèverait un poids du dos des bibliothécaires et autres travailleurs sociaux ou de la culture, et clarifierait peut-être le rôle des institutions.
Le texte complet sur la vie des idées

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