Sorj Chalendon qui est journaliste n'a pu raconter cette histoire dans son journal. Il a du passer par le roman pour dire sa douleur d'avoir été trahi. Car c'est d'une histoire vraie qu'il s'agit. Celle d'un jeune breton, fasciné par l'Irlande qui rencontre un des leaders de l'IRA qui deviendra son ami. Il apprendra, plus tard, que cet homme a été informateur des services secrets anglais.
Dans ce roman, le jeune homme est luthier et violoniste. Un peu seul en France, il se fait des amis en Irlande dans les milieux nationalistes. Il découvre avec ferveur, le combat des catholiques irlandais contre l'occupant britannique et va le faire sien. Il rencontre ainsi, Tyrone Meehan, l'un de leurs chefs. Cet homme lui fait découvrir tout ce qui fait l'âme irlandaise : dans les cafés, dans les landes.. Il va même, comme un père, lui "apprendre à pisser" . Il partage avec lui l'organisation de grandes manifestations auxquelles participent femmes, enfants, vieillards..
Et c'est cet homme qu'il découvre brutalement, comme l'ensemble de la communauté irlandaise, être un traître. Et il ne comprend pas..
"Je n'étais pas triste de moi. J'étais triste de nous. J'étais triste de ma somnolence, triste de mon affection, triste de mes certitudes. J'étais triste de chacun de mes gestes pour lui."
J'ai beaucoup aimé cette histoire, cette relation très forte entre le jeune luthier et son "traitre". Aussi, l'amour pour ce pays, ce peuple, cette culture qui se dégage du livre.
Hubert Artus en parle très bien sur Rue 89 et Yvon sur son blog