vendredi 15 août 2008
Zoli, Colum McCann, Belfond
Par Alain Le Flohic, vendredi 15 août 2008 à 10:04 :: Lecture

Très beau livre de Colum McCann. Zoli est une jeune
tzigane. Petite, son grand-père, proche dans les idées, des révolutionnaires
russes, l'autorise à apprendre à lire et écrire. Ce qui était interdit pour
les filles par son peuple. Zoli adore chanter les airs traditionnels. Elle se
met à écrire, elle même des poèmes qu'elle chante. Elle va devenir l'icône
d'une possible intégration des gitans dans la société révolutionnaire.
Un très beau livre qui fait réfléchir sur les politiques ou les idéologies
qui veulent faire le bien des gens malgré eux, sur la richesse de ces
sociétés si proches de la nature..
Quelques extraits
"Il disait qu'un bon livre avait besoin d'une
bonne oreille"
"Elle ne savait pas dormir entre quatre murs,
elle prétendait que les pièces se refermaient sur elle (...) elle ne pouvait
pas comprendre qu'on se baigne dans de l'eau stagnante...
"Il a écrit un jour que la vie d'un homme
ne comporte vraiment un début, un milieu, une fin qu'au moment où il la
quitte. jusque là, nous restons incomplets, inachevés, impossible de situer le
point médian. c'est donc le dernier mot qui place une phrase au centre et qui,
dans un sens, articule toute la strophe- la mort nous définit."
"Au cœur du problème : l'assimilation,
l'appartenance, l'ethnicité. nous les voulions; eux voulaient qu'on les laisse
tranquilles. mais, pour cela, il fallait savoir quelle vie ils menaient, et
cette vie se trouvait dans les chansons de Zoli"
"N'essayez pas de nous changer. nous sommes
entiers. citoyens de notre espace (...)"
"Stransky lui avait affirmé que seule la poésie
savait capter toute l'horreur des consciences. elle en avait douté aussitôt,
pour elle, la poésie s'allumait, s'éteignait comme les lumières des tours, ni
plus, ni moins"