Très beau livre de Colum McCann. Zoli est une jeune tzigane. Petite, son grand-père, proche dans les idées, des révolutionnaires russes, l'autorise à apprendre à lire et écrire. Ce qui était interdit pour les filles par son peuple. Zoli adore chanter les airs traditionnels. Elle se met à écrire, elle même des poèmes qu'elle chante. Elle va devenir l'icône d'une possible intégration des gitans dans la société révolutionnaire. 
Un très beau livre qui fait réfléchir sur les politiques ou les idéologies qui veulent faire le bien des gens malgré eux, sur la richesse de ces sociétés si proches de la nature..
Quelques extraits

"Il disait qu'un bon livre avait besoin d'une bonne oreille"

"Elle ne savait pas dormir entre quatre murs, elle prétendait que les pièces se refermaient sur elle (...) elle ne pouvait pas comprendre qu'on se baigne dans de l'eau stagnante...

"Il a écrit un jour que la vie d'un homme  ne comporte vraiment un début, un milieu, une fin qu'au moment où il la quitte. jusque là, nous restons incomplets, inachevés, impossible de situer le point médian. c'est donc le dernier mot qui place une phrase au centre et qui, dans un sens, articule toute la strophe- la mort nous définit."

"Au cœur du problème : l'assimilation, l'appartenance, l'ethnicité. nous les voulions; eux voulaient qu'on les laisse tranquilles. mais, pour cela, il fallait savoir quelle vie ils menaient, et cette vie se trouvait dans les chansons de Zoli"

"N'essayez pas de nous changer. nous sommes entiers. citoyens de notre espace (...)"

"Stransky lui avait affirmé que seule la poésie savait capter toute l'horreur des consciences. elle en avait douté aussitôt, pour elle, la poésie s'allumait, s'éteignait comme les lumières des tours, ni plus, ni moins"