La Mer pour horizon

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

dimanche 17 août 2008

L'empreinte de l'ange, Saffy Nebbou

On ne peut pas se remettre de la mort d'un enfant. Elsa (Catherine Frot, magnifique) a perdu sa petite fille à la naissance dans un incendie. Depuis, elle déprime, son couple est moribond, elle s'intéresse à peine à son premier enfant, Thomas. Un jour, lors d'un anniversaire auquel assiste son fils, elle aperçoit une petite fille Lola . Elle est tout de suite persuadée que Lola est sa fille. 
Elsa va faire tout ce qu'elle peut pour revoir l'enfant. Une lutte sourde s'engage alors entre Elsa et la mère de Lola : Claire (Sandrine Bonnaire).
Pendant la première partie du film, l'atmosphère est pesante et on ne sait pas jusqu'où pourrait aller Elsa dans sa quête de son enfant décédée.. Petit à petit, les failles apparaissent .. du coté de Claire..
Un très beau film malgré certaines incohérences..
La critique des inrockuptibles

jeudi 14 août 2008

Valse avec Bachir

Très beau film d'Ari Folman. Difficile de vivre avec certains souvenirs. Ari Folman en a fait lui même l'amère expérience,. Un jour,  en discutant avec l'un de ses amis qui n'arrête pas de refaire le même cauchemar, il se rends compte qu'il a complètement gommé sa participation à la guerre au Liban. C'est en retrouvant plusieurs de ses amis de l'époque qu'il va réussir à faire remonter tous ces souvenirs. Une guerre, au départ, assez joyeuse, insouciante et qui va tourner au drame avec les massacres de Sabra et Chatila, perpétrés sous les yeux des soldats israéliens par les phalanges libanaises.
Le dessin d'animation n'enlève rien à la montée de la tension, bien au contraire et le passage à la fin aux vraies images d'archives amplifient l'horreur
De très belles critiques de ce film sur "les routes de l'imaginaire" et Chez Lo

dimanche 29 juin 2008

Bons baisers de Bruges, Martin McDonagh

Deux tueurs à gages sont envoyés se mettre au vert à Bruges. Ken, le plus âgé, découvre avec plaisir, en touriste cultivé les canaux et la vieille ville de Bruges. Ray, son jeune collègue, ne supporte pas l'exil dans une ville qu'il juge morte. Une relation de type père, fils s'établit progressivement entre les deux hommes. On croirait revivre certaines visites de musées avec nos enfants quand Ken essaye de faire partager son émotion devant un tableau face à Ray qui ne rêve que de filer dans un bistro. Petit à petit, nos deux héros vont sortir du Bruges de carte postale pour rencontrer des personnages vivant dans les marges. Ken, surtout est rattrapé par son passé de tueur d'enfant malgré lui... Tout bascule quand Ken reçoit l'ordre de supprimer Ray..
Un très beau film plein d'émotions, d'humour..

samedi 14 juin 2008

Les citroniers, Eran Riklis

Salma, vit seule sur sa propriété. Elle soigne avec amour ses citronniers. Sa vie est calme et paisible jusqu'au jour où le ministre israélien de la défense vient s'installer juste à coté de chez elle. Un mirador est installé au milieu des citronniers. Mais rien n'est suffisant quand il s'agit de sécurité. Les services de police décident que les citronniers sont une menace pour la sécurité du Ministre et donc pour celle d'Israel et qu'il faut les couper. Salma n'est pas du genre à se laisser faire. C'est une véritable histoire d'amour qui la lie à ses arbres et à la terre qui les nourrit. Grâce à l'aide d'un jeune avocat palestinien, formé en Russie, elle porte l'affaire devant les tribunaux..
Le procès va prendre une tournure politique qui dépasse Salma. Mais elle sera soutenue de façon inattendue par  Mira, l'épouse du Ministre qui, comme elle ne comprend pas la décision de couper les citronniers.
Un film simple, sans manichéisme qui dénonce la politique isolationniste d'Israel. Un film qui dit l'amour de la terre, la dignité face à la bêtise militaire. Plus sur allociné

dimanche 1 juin 2008

Un conte de Noel, Arnaud Desplechin

J'aime bien l'univers d'Arnaud Desplechin, sa bande de comédiens, sa tendresse-acide. 
L'histoire se passe principalement à Roubaix, où se trouve la maison familiale. Un lieu, en dehors du temps, de l'espace. Tout autour, c'est une ville en déshérence avec ses friches, ses tags..
La famille élargie se trouve réunie pour la première fois depuis cinq ans. Elle a une longue histoire avec la maladie. Junon et Abel (très beau Jean Paul Roussillon), ont eu quatre enfants. L'aîné est mort très jeune d'une leucémie. Le troisième enfant : Henry (Mathieu Amalric), conçu en espérant qu'il pourrait donner sa moelle à son frère, n'était pas compatible. Les liens familiaux sont marqués par cette histoire. Henry est un personnage fantasque et imprévisible, peu sur de l'amour de ses parents (et en particulier de sa mère). 
Aujourd'hui, c'est Junon qui a besoin d'un don de moelle osseuse. Elle est atteinte d'une sorte de cancer. Tous les membres de la famille, jusqu'aux plus petits ont été testés. Seuls Henry et Ivan (son neveu, au bord de la folie) sont compatibles..
Les retrouvailles avec Henry se font contre l'avis d'Elisabeth (l'aînée), mère d'Ivan qui ne supporte pas l'instabilité de son frère. 
Les trois jours en famille vont être propices à des retours sur l'histoire familiale et les histoires individuelles. On assiste à des disputes terribles comme à des moments de tendresse, très peu appuyés, comme ceux d'Henry avec Ivan, qui se découvrent une complicité.
Le film est un peu long mais bien rythmé variant les formes : scènes de famille, retour sur les individus, ..Et la troupe de comédiens a l'air de bien s'amuser..

Plus sur allociné
et sur "les irréductibles"

mardi 27 mai 2008

Entre les murs

Très heureux de la palme d'or pour ce film inspiré du roman de François Bégaudeau dont j'avais parlé ici. J'aime bien cet auteur, sa façon de prendre en compte la réalité telle qu'elle est, de la regarder avec bienveillance et en même temps de dire sa fatigue, ses peurs..
Heureux que grâce à cette palme, la richesse d'une société multiculturelle soit valorisée en même temps que pointées les tensions, voir les fissures que cette diversité peut provoquer.
Vivement qu'on puisse voir le film. 
J'aime bien ce qu'en dit François Dubet dans Libération : "Oui et je l’ai aimé. Trop souvent les livres d’enseignants sur l’école montrent des gens cultivés face à des barbares ou, comme ceux de Brighelli, expliquent que tout fout le camp. Dans ce livre, on voit des élèves qui ne parlent pas la même langue que leur professeur, qui n’ont pas les mêmes centres d’intérêt. Mais Bégaudeau y croit. Il n’est ni dans la nostalgie ni dans la plainte. Ce n’est pas un livre d’imprécations. Ce qu’il décrit est juste." Voir aussi le billet de Philippe Wattrelot sur son blog

vendredi 16 mai 2008

Shine a light, Martin Scorsese

Martin Scorsese est comme un enfant devant son jouet : filmer les Rolling Stones. Le début du film l'introduit bien : comment filmer un concert de se groupe mythique? L'équipe du tournage est acceptée mais jusqu'au dernier moment ne connait pas le conducteur du spectacle. Martin tente de deviner, d'anticiper. Son observation pointue du groupe lui  fait deviner : si c'est cette chanson, alors ce sera Mike ou Keith qui apparaitra en premier..
Durant tout le spectacle ils apparaissent en gros plans, et c'est la personnalité de chacun, sa relation au public qui transparait.
Mike Jaeger, le leader, le charmeur, éternel adolescent..
Keith Richard, le "planeur", une certaine tendresse pour son public, vivant totalement sa musique..
Charlie Watts, le taiseux, heureux d'être là mais plus dans son âge..
Ron Wood, le petit dernier, plus joueur..
Beaucoup de plaisir à les voir, les entendre surtout..
Une résistance à la rouille du temps et malgré l'aspect mécanique bien huilée, un vrai plaisir à les voir sur scène.
Un beau cadeau que Martin Scorsese s'est fait à lui même et surtout à nous..

free music

jeudi 8 mai 2008

Les hauts murs, Christian Faure

C'est un peu l'histoire d'Auguste le Breton que nous raconte ce film. Comme le dit bien la critique de Télérama, la vie n'était pas drôle pour les enfant des maisons d'éducation surveillée en France comme ailleurs dans les années trente. Cela laisse imaginer ce qu'étaient les prisons de l'époque..
Yves Tréguier arrive, un soir, après sa troisième évasion d'un orphelinat, dans cet enfer pour enfants. L'accueil est à l'image du reste : hurlements, insultes et coups des surveillants, bizutage des autres pensionnaires.
Yves va devoir trouver sa place dans un univers dangereux : menace de viol de caïds plus âgés, sadisme des surveillants..
Il survit quand même grâce à un petit groupe solidaire : le "fils de famille" passionné de piano, le "grand " spécialiste de la mécanique..
Les adultes sont  sadiques,  alcooliques comme le gardien du dortoir noir désespéré de se trouver loin de son Afrique, blasés comme le Directeur..
Heureusement Yves a toujours un projet d'évasion d'évasion en tête..

 

 

samedi 5 avril 2008

J'ai toujours révé d'être un gangster, Samuel Benchetrit

Le monde n'est plus ce qu'il était... Le cinéma non plus..
Une cafétéria au milieu d'un parking minable a pris la place d'une forêt au milieu de laquelle se trouvait la planque de truands à l'ancienne mode. C'est dans cet univers, sans âme que se situent la plupart des scènes du film de Samuel
Benchetrit.
Le réalisateur regrette le temps des truands à l'âme généreuse, à l'esprit de famille. Comme ces deux kidnappeurs ratés qui refusent même de faire semblant de bousculer la jeune fille qu'ils ont enlevés... Ou ce petit braqueur minable qui s'attaque à la serveuse de la cafétéria en simulant une arme avec la main dans la poche...
On retrouve l'univers de Charlot ou de Jim Jarmusch dans "Down by law" . Discours décalé, le noir et blanc.. 
Un scénario organisé autour de plusieurs sketchs qui se répondent. On a plaisir à retrouver Bashung et Arno en chanteurs concurrents et complices..
Du rire et de la tendresse, et de la bonne musique...
Lire aussi la critique de Kathel

dimanche 23 mars 2008

A bord du Darjeeling limited

L'affiche du film dit déjà beaucoup. Un conte des mille et une nuit ? Trois frères trentenaires se retrouvent, en Inde, dans un train, pour un long voyage. L'aîné se sent investi d'une mission vis à vis de ses deux frères. Il  a tout organisé  le voyage dont l'un des buts est de retrouver leur mère devenue religieuse, dans un orphelinat. Le début du périple est propice à faire resurgir toutes les petites rivalités ou jalousies héritées de l'enfance . Descendus du train pour cause de refus de respect des règles du contrôleur, ils vont se trouver confrontés à une réalité indienne moins idyllique. Trois jeunes enfants indiens se noient. Ils n'en sortiront que deux vivants de la rivière. Chacun des frères va ressortir transformé du voyage : l'un acceptera l'idée d'être père, l'autre de ne pas vouloir tout régenter pour les autres, le troisième la séparation d'avec son amie.. Et les trois, une autre façon d'aborder leur relation fraternelle : plus libre, débarrassée d'un certain poids lié à l'enfance.
Un film drôle, tendre, gai.. avec une bonne musique..
Le site du film

jeudi 20 mars 2008

L'heure d'été

J'ai été déçu comme Lo par ce film que j'attendais. Parti d'une idée intéressante, Olivier Assayas ne va pas jusqu'au bout. J'ai trouvé que ses personnages n'avaient pas vraiment de chaires, les relations entre eux sont très superficielles. C'est pourtant une situation qui pourrait nous toucher tous : la mort d'une mère, la question de l'héritage, des souvenirs, de la maison de famille. Les objets : tableaux, oeuvres d'art ont une place très importante dans le film. Les individus moins, ils ne sont que croqués..
Cependant, l'évolution des familles est bien abordée. Chacun vit sa vie loin des autres et le retour à la maison familiale peut avoir quelque chose d'artificiel. C'est aussi l'émergence d'une société sans réelle mémoire mais celle-ci peut-être pesante..
Dommage!!!
Un point de vue plus positif

mercredi 19 mars 2008

Julia

C'est super le Printemps du cinéma.. Beaucoup aimé ce film et la performance de Tilda Swinton qui est Julia.
Un personnage qui va évoluer tout au long du film. Julia est une femme qui se suicide à petit feu dans l'alcool. Tous les soirs, elle rentre ivre après avoir passé la nuit avec des hommes rencontrés dans les bars. Pas de but, pas d'espoir, personne à aimer.. Un jour, au cours d'une soirée aux alcooliques anonymes, elle rencontre une jeune femme dépressive qui lui propose d'enlever Tom, son fils. Le petit est élevé par son grand père, riche industriel. Julia va croire qu'enfin son heure est venue et qu'elle va pouvoir encaisser le pactole pour la rançon de l'enfant. Elle va, alors, se trouver entraînée dans une aventure qui la conduira à envoyer un homme dans le coma, en tuer un autre.. Mais surtout à se prendre petit à petit d'affection pour Tom. ..Et à peut-être changer de vie sous le soleil du Mexique..
Un point de vue qui va dans le même sens et celui-ci aussi

dimanche 16 mars 2008

MR73, Olivier Marchal

Olivier Marchal ne fait pas dans la dentelle. Noir c'est noir. La vie des policiers, les locaux sales et ténébreux.. La lumière est froide. Louis Schneider (Daniel Auteuil) est flic au SRPJ de Marseille. Il est au bout du rouleau. Sa femme vit comme un légume dans un lieu de soin. Il ne tient que grâce à l'alcool et à son travail de traque contre les assassins. Un travail qui l'a détruit de l'intérieur comme la plupart de ses collègues. Comment résister, comment garder une part d'humanité quand on est confronté quotidiennement à la corruption, à des tueurs fous ? Louis fait une affaire personnelle de la lutte contre ces criminels. Malgré l'alcool, son flair professionnel lui permet, dans la douleur, de mettre hors d'état de nuire un tueur de femme. Il est rattrapé par une affaire qu'il a élucidé au début de sa carrière. Le criminel, âgé, va bénéficier d'une remise de peine pour bonne conduite... Justine, la fille du couple assassiné attend cette sortie avec angoisse. ..
C'est l'univers de Police District, de Quai des Orfèvres, des livres d'Hugues Pagan que l'on retrouve ici. Pas de place (ou si peu à la fin) pour l'espoir, la tendresse, les bons sentiments. Malgré des lourdeurs, MR73 est un très beau film servi par un Daniel Auteuil complètement investi dans son rôle.
La critique de Télérama.

mercredi 12 mars 2008

12h08, à l’est de Bucarest


Elle est triste la Roumanie de ce film proposé dans le cadre de la semaine des Fondus déchainés
Immeubles soviétiques sales, les pieds dans la boue. Même la neige est sale. Et pourtant les personnages de "12h08, à l'est de Bucarest" veulent participer à la modernité ou plutôt faire comme si. Ils sont trois qui vont se retrouver sur un plateau d'une télévision de caricature pour débattre un soir de Noël. Le thème du débat : la révolution a t'elle eu lieu dans leur petite ville? 
"C’est un film qui raconte une révolution et ses seize années écoulées dans le huis clos d’un studio au décor estampillé Ancien Régime. C’est un film burlesque quand tous ses personnages se prennent au sérieux." Marie-José Sirach (L'Humanité)
"Porumboiu (le réalisateur) donne à suivre trois personnages, un mec un peu entrepreneur, minable mais pas méchant, reconverti présentateur de télé locale, un prof désabusé buvant trois fois l'argent du ménage par mois, et un vieux gaga, sosie de l'acteur Toto, maître de la cocotte en papier et qui fait le Père Noël dans les écoles depuis cinquante ans. Ces trois-là vont débattre ­ enfin, façon de parler ­ quarante minutes durant. C'est un geste suicidaire, quarante minutes de débat dans un film." Philippe Azoury (Libé)
Et pourtant, on rit. Jaune souvent.

Critique de Libé
Critique de l'Huma

dimanche 9 mars 2008

Bienvenue chez les chtis

Un succès étonnant. Les billets étaient réservés. Nous sommes arrivés un quart d'heure avant et placés .. devant l'écran..
Un public très populaire. Des spectateurs qui applaudissent à la fin... 
Comment expliquer? 
Un ancrage fort en région malgré les clichés.
Une valorisation de la convivialité, de l'accueil, de la "bonne franquette" à l'heure où ce qui est mis en avant par les médias est plutôt la compétition, l'individualisme..
C'est en tout cas, un juste hommage à une région et à ses habitants chaleureux et accueillants.

Le site du film