La Mer pour horizon

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dimanche 20 janvier 2008

La visite de la fanfare

Un film tendre et hors du temps. Une petite fanfare égyptienne débarque en Israël. Personne ne les attend. Le responsable du groupe est un officier mélancolique et fier .Son accent anglais est difficilement compréhensible par les oreilles israéliennes. La petite troupe se retrouve par erreur dans un village au fin fond du désert. La patronne du seul café de la petite ville va leur proposer de les héberger. Une soirée à passer quand on ne se connaît pas, quand il n'y a pas si longtemps, on était ennemis. Des rencontres vont pourtant avoir lieu. Entre le responsable du groupe et la patronne du café. Elle arrive à lui tirer les mots de la bouche et à lui faire exprimer son extrême sensibilité. Le plus jeune musicien, un peu rebelle, va apprendre à un jeune israélien un peu timide comment draguer sa première fille..
Un moment rare d'humanité vraie
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dimanche 13 janvier 2008

"It's a free world" Kean Loach

A "free world" mais surtout un monde dur pour les faibles, les immigrés. Angie est une jeune femme sympathique, mère d'un petit garçon dont elle s'occupe épisodiquement le laissant en garde  à ses parents. Elle travaillait dans une agence d'interim pour migrants. Licenciée, elle décide de monter sa propre entreprise avec son amie Rose. Les deux femmes ont l'énergie de la jeunesse et de la beauté. Angie n'a pas froid aux yeux et pas de scrupules. Elle devient une esclavagiste des temps modernes. La force de Ken Loach, comme souvent, est de nous proposer des personnages sympathiques et proches même lorsqu'ils agissent de la pire manière..
"A travers l'histoire d'Angie, formidablement interprétée par Kierston Wareing, et à travers son entourage, enfin, le réalisateur constate: l’oppressé est aussi oppresseur, le cynisme ambiant permet à chacun de se déresponsabiliser, de se dédouaner, le système repose sur ce terrible enchaînement de peur et de violence." ( Lu sur Rue 89)

dimanche 6 janvier 2008

La graine et le mulet, Abdellatif Kechiche

Des gens dont on ne parle pas au cinéma mais comme le dit le réalisateur Abdellatif Kechiche : "Je voulais donner à mes personnages une dimension romanesque et ne pas les limiter à des archétypes socioculturels caricaturaux. Je souhaitais leur apporter plus d'humanité qu'on ne le fait souvent. Ce sont des hommes et des femmes. Pas des symboles.". Du temps : le film dure 2h27. 
Le réalisateur aime ses personnages, ses comédiens. On sent que l'équipe du tournage forme une bande, un collectif comme toute la famille recomposée, élargie de Slimane.
C'est un bel homme, au début de la vieillesse, qui est jeté de son travail de menuisier de marine après de nombreuses années de bons et de loyaux services. Il vit dans un hôtel dont la propriétaire est sa nouvelle compagne mais continue à recevoir sa part de couscous de son ex-femme, bonne cuisinière et ménagère et icône de la mère algérienne. Slimane, qui est fier, veut se relancer en ouvrant un restaurant de couscous au poisson (spécialité de son ex-femme) sur un vieux bateau qu'il va retaper.. Aidé de Rym, la fille de sa compagne (magnifique comme toutes les femmes du film), il est confronté à toutes les démarches administratives pour ouvrir son commerce..
Le film est magnifique d'humanité. Abdellatif donne du temps au temps et nous offre de magnifiques échanges. Entre Rym et sa mère qui ne veut pas, par orgueil, participer au premier repas sur le bateau. Entre Slimane et Rym où celle-ci redit à son beau-père que sa vie est ici en France, qu'il s'est enraciné malgré les difficultés. Autour du couscous familial..
Les personnages sont beaux parce que complexes.
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mercredi 2 janvier 2008

Actrices

Actrices, un métier exaltant où l'on change de personnage, ou l'on devient une autre de personne à chaque spectacle. Un métier où le metteur en scène peut vous "malaxer", vous recomposer à sa guise. C'est le cas pour Marcelline ( Valeria Bruni Tedeschi) qui au début du film essaye de se glisser dans le personnage de Nathalia Petrovna, l'héroïne de la pièce de Tourguéniev Un Mois à la campagne. Mais, cette fois-ci, la mue a lieu difficilement, malgré la tyrannie du metteur en scène (Matthieu Amalric). Marcelline a bientôt quarante ans. Elle vit seule avec sa mère et sa tante, sans enfant. L'angoisse de vieillir seule, sans descendance la travaille et la perturbe. Quel sens donner à sa vie, quel but donner à son existence? 
Un très beau film, entraîné par une distribution féminine magnifique..
La scène du final entraînnée par "I will survive" est magnifique
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