La Mer pour horizon

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mardi 27 mai 2008

Entre les murs

Très heureux de la palme d'or pour ce film inspiré du roman de François Bégaudeau dont j'avais parlé ici. J'aime bien cet auteur, sa façon de prendre en compte la réalité telle qu'elle est, de la regarder avec bienveillance et en même temps de dire sa fatigue, ses peurs..
Heureux que grâce à cette palme, la richesse d'une société multiculturelle soit valorisée en même temps que pointées les tensions, voir les fissures que cette diversité peut provoquer.
Vivement qu'on puisse voir le film. 
J'aime bien ce qu'en dit François Dubet dans Libération : "Oui et je l’ai aimé. Trop souvent les livres d’enseignants sur l’école montrent des gens cultivés face à des barbares ou, comme ceux de Brighelli, expliquent que tout fout le camp. Dans ce livre, on voit des élèves qui ne parlent pas la même langue que leur professeur, qui n’ont pas les mêmes centres d’intérêt. Mais Bégaudeau y croit. Il n’est ni dans la nostalgie ni dans la plainte. Ce n’est pas un livre d’imprécations. Ce qu’il décrit est juste." Voir aussi le billet de Philippe Wattrelot sur son blog

vendredi 16 mai 2008

Shine a light, Martin Scorsese

Martin Scorsese est comme un enfant devant son jouet : filmer les Rolling Stones. Le début du film l'introduit bien : comment filmer un concert de se groupe mythique? L'équipe du tournage est acceptée mais jusqu'au dernier moment ne connait pas le conducteur du spectacle. Martin tente de deviner, d'anticiper. Son observation pointue du groupe lui  fait deviner : si c'est cette chanson, alors ce sera Mike ou Keith qui apparaitra en premier..
Durant tout le spectacle ils apparaissent en gros plans, et c'est la personnalité de chacun, sa relation au public qui transparait.
Mike Jaeger, le leader, le charmeur, éternel adolescent..
Keith Richard, le "planeur", une certaine tendresse pour son public, vivant totalement sa musique..
Charlie Watts, le taiseux, heureux d'être là mais plus dans son âge..
Ron Wood, le petit dernier, plus joueur..
Beaucoup de plaisir à les voir, les entendre surtout..
Une résistance à la rouille du temps et malgré l'aspect mécanique bien huilée, un vrai plaisir à les voir sur scène.
Un beau cadeau que Martin Scorsese s'est fait à lui même et surtout à nous..

free music

jeudi 8 mai 2008

Les hauts murs, Christian Faure

C'est un peu l'histoire d'Auguste le Breton que nous raconte ce film. Comme le dit bien la critique de Télérama, la vie n'était pas drôle pour les enfant des maisons d'éducation surveillée en France comme ailleurs dans les années trente. Cela laisse imaginer ce qu'étaient les prisons de l'époque..
Yves Tréguier arrive, un soir, après sa troisième évasion d'un orphelinat, dans cet enfer pour enfants. L'accueil est à l'image du reste : hurlements, insultes et coups des surveillants, bizutage des autres pensionnaires.
Yves va devoir trouver sa place dans un univers dangereux : menace de viol de caïds plus âgés, sadisme des surveillants..
Il survit quand même grâce à un petit groupe solidaire : le "fils de famille" passionné de piano, le "grand " spécialiste de la mécanique..
Les adultes sont  sadiques,  alcooliques comme le gardien du dortoir noir désespéré de se trouver loin de son Afrique, blasés comme le Directeur..
Heureusement Yves a toujours un projet d'évasion d'évasion en tête..