La Mer pour horizon

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samedi 16 août 2008

La quatrième plaie, Patrick Bard, Seuil

Troisième roman lu de Patrick  Bard. Après "la frontière", enquête sur les assassinats d'ouvrières mexicaines puis "attrapeurs d'ombre en Bosnie. L'auteur nous emmène, ici,  en Afrique, continent de toutes les misères, de toutes les richesses, de tous les trafics.

Abe est médecin dans une ONG. Il est envoyé en Ouganda où sévit la maladie du sommeil. Le médicament qui permettait de soigner cette maladie a vu sa production s'arrêter. Trop peu rentable pour la firme pharmaceutique. Les dernières doses ont été volées par un groupe militaire. Abe  et l'équipe d'humanitaires enquêtent. L'occasion pour nous de découvrir la vie de ces enfants soldats enrôlés de force par des bandes armées, le scandale des brevets médicaux qui empêchent les populations pauvres d'accéder aux soins, le difficile travail des humanitaires. Mais aussi, des personnages très attachants comme Jo, jeune femme, humanitaire qui brûle sa vie aux quatre coins de la planète, Moses : l'enfant soldat.. Un récit sobre, sans simplisme qui nous fait ressentir que notre monde est un.

Voir aussi sur "du noir mais pas que"

vendredi 15 août 2008

Zoli, Colum McCann, Belfond

Très beau livre de Colum McCann. Zoli est une jeune tzigane. Petite, son grand-père, proche dans les idées, des révolutionnaires russes, l'autorise à apprendre à lire et écrire. Ce qui était interdit pour les filles par son peuple. Zoli adore chanter les airs traditionnels. Elle se met à écrire, elle même des poèmes qu'elle chante. Elle va devenir l'icône d'une possible intégration des gitans dans la société révolutionnaire. 
Un très beau livre qui fait réfléchir sur les politiques ou les idéologies qui veulent faire le bien des gens malgré eux, sur la richesse de ces sociétés si proches de la nature..
Quelques extraits

"Il disait qu'un bon livre avait besoin d'une bonne oreille"

"Elle ne savait pas dormir entre quatre murs, elle prétendait que les pièces se refermaient sur elle (...) elle ne pouvait pas comprendre qu'on se baigne dans de l'eau stagnante...

"Il a écrit un jour que la vie d'un homme  ne comporte vraiment un début, un milieu, une fin qu'au moment où il la quitte. jusque là, nous restons incomplets, inachevés, impossible de situer le point médian. c'est donc le dernier mot qui place une phrase au centre et qui, dans un sens, articule toute la strophe- la mort nous définit."

"Au cœur du problème : l'assimilation, l'appartenance, l'ethnicité. nous les voulions; eux voulaient qu'on les laisse tranquilles. mais, pour cela, il fallait savoir quelle vie ils menaient, et cette vie se trouvait dans les chansons de Zoli"

"N'essayez pas de nous changer. nous sommes entiers. citoyens de notre espace (...)"

"Stransky lui avait affirmé que seule la poésie savait capter toute l'horreur des consciences. elle en avait douté aussitôt, pour elle, la poésie s'allumait, s'éteignait comme les lumières des tours, ni plus, ni moins"

mercredi 13 août 2008

A l'ouest, Olivier Adam, Pocket

Beaucoup de plaisir à retrouver l'univers d'Olivier Adam. Marie vit avec ses deux grands enfants Antoine et Camille. Elle ne trouve plus beaucoup de sens à sa vie (comme d'autres mères dans les romans de l'auteur). Antoine, lycéen, traîne.. Camille, elle, cherche dans la prière un peu de réconfort.
Des vies juxtaposées où chacun essaye de survivre. 
Le roman bascule quand Marie s'enfuit à l'Ouest, dans une maison de famille en bord de mer. La mer, comme souvent chez Olivier Adam est le refuge..
" Sur la petite plage encaissée, aussi : les jeux, enfants, et plus tard le temps inlassable à regarder la mer et l'horizon, à percer là un vieux mystère qu'on ne comprend jamais vraiment. Cette fascination-là. Le bien que ça fait. Ce que ça procure. Comme si soudain notre esprit prenait ces dimensions-là. Comme si soudain tout s'élargissait. Tout ça si étriqué au fond. La vie. Les parents. Le train-train."
Voir aussi Falaises, A l'abri de rien, Passer l'hiver, Je vais bien, ne t'en fais pas
Olivier Adam sur myspace

jeudi 7 août 2008

Encore le Vercors et la moisson de juillet

Encore quelques photos du plateau du Vercors..
Beaucoup de lectures : le dernier Fred Vargas: Un lieu incertain (un régal comme d'habitude..), deux romans qui interrogent l'industrie pharmaceutique : "Chères toxines" de Jean-Paul Jody et "la quatrième plaie" de Patrick Bard, le très beau Zoli de Colum McCann, "La dernière tentation" de Val Mcdermid, "Cool Bentch" de Tito Topin et le magnifique : "le jour où Albert Einstein s'est échappé", Joseph Bialot

 

mardi 15 juillet 2008

Nous vieillirons ensemble, Camille de Peretti, Stock

Les bégonias est une maison de retraite située en banlieue parisienne. Ce roman nous fait partager une journée de la vie des "habitants" de cette petite collectivité : personnes âgées, personnel soignant et de service, directeur, visiteurs. 
On y découvre les difficultés à vivre en collectivité pour des personnes qui ont été autonomes toute leur vie. Les amitiés entre voisines de chambre mais aussi  la jalousie qui peut survenir .. On est ému par l'amour qui vient  entre un grand père et une grand mère.. 
Camille de Peretti nous dit la culpabilité des parents des résidents de cette maison de retraite mais aussi la difficulté à supporter des personnes qui deviennent insupportables..
Cette résidence est aussi un lieu de vie où une infirmière peut devenir l'amante du fils d'une patiente ou encore du Directeur de l'établissement.
Nous vivons avec les résidents des moments tous simples de la vie de tous les jours, d'autres plus difficiles à vivre : la mort d'un proche, la maladie mentale..
Ce livre nous dit que l'on peut se "blinder" pour tenir dans un lieu où l'on côtoie la mort tous les jours ou, au contraire, choisir de  donner de la tendresse, de la compréhension comme le fait l'aide soignante antillaise.
Un très beau roman sans angélisme sur la fin de vie, sur le vieillissement, sur ce qui change quand on vieillit mais aussi sur tout ce qui continue à exister : l'amour, l'amitié, la tendresse, la jalousie..
L'auteur s'est inspirée de la Vie mode d'emploi de Georges Perec pour mettre en place les contraintes qui lui ont permis d'écrire ce livre..

mercredi 9 juillet 2008

Drama city, Georges P. Pelecanos, Points Seuil

J'aime beaucoup Georges P. Pelecanos, découvert grâce à Claude Mesplède. J'ai dévoré : "Funky guns", "blanc comme neige", "tout se paye"..
Peut-on échapper à son  destin? C'est la question que se posent les deux héros principaux de ce livre : Lorenzo Brown et Rachel Lopez. 
Lorenzo a vécu le parcours des jeunes des cités de Washington : guetteur, vendeur de drogue, criminel, taulard.. Il a décidé d'essayer de changer de vie. Devenu employé d'une association de défense des animaux maltraités, il s'emploie à sensibiliser les propriétaires à soigner correctement leurs animaux et il y a du travail!!! Avant de les menacer de faire appel à la police. Il vit, de son coté,  avec sa chienne Jasmine..
Rachel, est agent de probation. Elle visite les détenus libérés pour vérifier leur "insertion professionnelle" et leur abstinence en matière de drogue ou d'alcool. Elle a du mal à faire la morale aux autres car elle même, est alcoolique..
Rachel et Lorenzo se sont rencontrés aux narcotiques anonymes, un des seuls lieux où ils trouvent une certaine fraternité.
Tous les jours, ils sont confrontés à la violence, à la tentation de replonger..
Pelecanos, même s'il n'est pas naïf, croit que l'on peut changer son destin même si c'est très difficile. Il n'accepte pas ce parcours imposé pour cette jeune fille croisée par Lorenzo dans la rue :
" Elégante à 15 ans, mère à seize. Niquée et oubliée par un mec dont elle n'entendra plus parler. Elle s'est débrouillée pour que sa mère soit grand-mère a trente deux ans. (..) Dans quinze ans? Eh bien, elle sera grand-mère à son tou et cette jolie jeune fille ressemblera à toutes les petites mémères qu'on voit dans le bus"..
Pelecanos a un oeil tendre pour tous ces personnages, quels qu'ils soient,quoi qu'ils fassent car il sait que grandir dans ce type de quartier conduit presque inévitablement à la délinquance mais il a de la tendresse pour celles ou ceux qui refusent ce destin tout tracé..

 

jeudi 3 juillet 2008

Appel pour le livre !!

"En favorisant la richesse, la diversité et le renouvellement de la création et de l’édition, en lieu et place d’une standardisation si courante dans de multiples secteurs aujourd’hui, en permettant une variété et une densité de points de vente du livre particulièrement remarquables, en privilégiant une véritable concurrence au détriment de la « loi de la jungle » et en maintenant des prix beaucoup plus accessibles que dans la majorité des autres pays développés, le prix unique du livre est une chance pour le consommateur, pour le lecteur et pour notre culture."
Vous pouvez lire l'ensemble de l'appel et le signer à l'adresse suivante : http://pourlelivre.wordpress.com/

 

lundi 30 juin 2008

Paroles de sourds, Glénat

J'ai beaucoup aimé dans la même collection "paroles de taulards". Des dessinateurs et scénaristes de BD, racontent, sous forme de "petites histoires"  la vie des gens en prison. J'avais aimé, aussi la pluralité de point de vue. La terrible vie des détenus mais , autrement aussi, celle des surveillants.
L'idée est reprise ici pour les sourds. A partir d'histoires vraies, une façon de se glisser dans la vie de personnes sourdes, d'enfants de personnes sourdes, d'interprètes.. 
Beaucoup aimé les textes sur l'éthique de l'interprète ou sur sa volonté de devenir transparent..

"L' émotion.
maintenant, je ne vais plus au théâtre
pour comprendre, mais pour voir et ressentir
les émotions que le spectacle me donne.
Les sourds m'ont aussi appris ça.
Ils sont plus attentifs à l'image du corps,
à ce que l'on projette.
On a le sentiment qu'ils lisent un peu
dans nos pensées."

 

samedi 28 juin 2008

L'année dernière, Moynot et Marc Lizano, Delcourt

Tout change, rien ne change.. Sébastien revient en vacances, en Bretagne, sur la cote de granite rose où il a passé toute son enfance et son adolescence, avec sa femme et ses filles. Le paysage n'a pas changé, la plage, la mer, sa grand-mère non plus.. Il retrouve ses amis d'enfance. Lui est devenu musicien, un autre entrepreneur.. Avec sa femme, amie d'enfance, les liens se sont distendus. Sébastien n'a plus vraiment de goût à rien même en musique.. Les lieux font revenir les souvenirs : les beuveries, les bêtises d'adolescents, les flirts..
Un très bel album  sur le temps qui passe.. Heureusement, il reste la mer..

vendredi 27 juin 2008

Un fils à papa chez les zonards, Denis Flageul, Coop Breizh

C'est le premier volume des aventures de Léo Tanguy que je viens de terminer. Beaucoup de plaisir à suivre Léo sur des terrains que je connais et aime beaucoup et tout particulièrement le Légué, un de mes lieux préférés de balade. C'est donc au port de St Brieuc que débarque Léo. Plus précisément, chez Gildas Chasseboeuf, observateur attentif de tout ce qui se passe dans le port : entrées et sorties de cargos, mouvement des petits tracteurs qui évacuent régulièrement la vase et que l'on peut découvrir dans "carnet du port".. Gildas l'a invité car il souhaite connaître les raisons de la mort d'un homme, décédé par noyade dans les eaux du port. Léo qui a besoin de se changer les idées, va s'investir dans cette enquête qui va l'amener à découvrir ce qui relie ce noyé, fils de bonne famille avec l'évacuation musclée de la Fabrique ( qui fait penser très fortement au wagon, lieu collectif qui rassemblait au Légué, du coté St Brieuc, un collectif de jeunes marginaux) par la police..
Un récit qui nous fait découvrir l'évolution du port du Légué, les rues du vieux St Brieuc, mais aussi se poser des questions sur la place que notre société laisse aux personnes qui se trouvent dans les marges.
Merci à Denis pour cette histoire qu'on lit avec plaisir ..
ET hâte de découvrir ce que Gérard Alle et Sylvie Rouch ont choisi de faire vivre à notre ami Léo..
Plus sur le site de Léo

 

mardi 24 juin 2008

L'affiche du festival Noir sur la ville 2008

Très belle photo de la Gare de Lamballe (bravo au club photo de la MJC)
Les trains seront à l'honneur cette année avec plusieurs expositions..

lundi 23 juin 2008

Page 123...

C'est Kathel qui me propose de participer à ce petit tag,  :
J'ai ouvert le livre que je suis en train de lire, je suis allé  à la page 123, J'ai sauté les 5 premières phrases et copié les 4 suivantes.
Et voici donc :

-  Sans doute
-  Il revenait de la ferme. Certain !
Et Alors?
-  Il a parlé à la meuf! Moi, j'étais pour la niquer elle aussi! On aurait dû...

Ce dialogue est tiré du roman que je lis en ce moment...
J'ai déjà laissé des indices sur la série dont il fait partie..
Si Dasola et Rennette veulent bien continuer..

dimanche 22 juin 2008

Léo Tanguy

Je vous parlerai bientôt des aventures du nouveau copain de Gérard Alle, Denis Flageul et Sylvie Rouch : Léo. C'est un peu le cousin breton du Poulpe. En voici une brève présentation tirée de la Bible de la série..Il n'est pas né en Bretagne mais  à Paris en 1975, mais il y est venu depuis l’âge d’un an, et y habite  depuis que ses parents ont décidé de s’y installer, en 1990, alors qu'il avait15 ans. Il ne craint pas la pluie mais la chaleur (je crois reconnaître quelqu'un). Il aime les galettes-saucisses.
Comme le Poulpe, Il affectionne les faits-divers liés à des questions de société (répression policière, immigration, écologie, politique locale, crime organisé, trafic de drogue, alcoolisme, trafic d’influence, corruption, délits d’initiés, pollution, lobbies agricoles et agroalimentaires, spéculation immobilière, etc.).
Il aime donner la parole à ceux qui ne l’ont jamais.
On devrait donc bien apprécier ce personnage.

Chaque épisode devrait  mettre en scène une ville, une commune ou un « pays » breton particulier.

Les premiers sortis sont d'auteurs qu'à Lamballe nous connaissons bien : Denis Flageul (St Brieuc), Gérard Alle (Pays Bigouden) et Sylvie Rouch (Pays Malouin)

Pour tout savoir sur Léo, les livres, les auteurs.. Allez voir sur son site

samedi 21 juin 2008

Abdellatif Laabi

Très beau texte reçu ce matin. Merci Anne Marie.

Vertige d'être debout
tenant un vague gouvernail
Frêle est l'embarcation
Redoutables les récifs
Oubliés les mots de la prière
L'ancre ne sera pas jeté du ciel 

Abdellatif Laârbi

 Tribulations d’un rêveur attitré Editions de la Différence ( 2008)

Le site de l'auteur

mercredi 18 juin 2008

Mon traitre, Sorj Chalendon, Grasset

Sorj Chalendon qui est journaliste n'a pu raconter cette histoire dans son journal. Il a du passer par le roman pour dire sa douleur d'avoir été trahi. Car c'est d'une histoire vraie qu'il s'agit. Celle d'un jeune breton, fasciné par l'Irlande qui rencontre un des leaders de l'IRA qui deviendra son ami. Il apprendra, plus tard, que cet homme a été informateur des services secrets anglais.
Dans ce roman, le jeune homme est luthier et violoniste. Un peu seul en France, il se fait des amis en Irlande dans les milieux nationalistes. Il découvre avec ferveur, le combat des catholiques irlandais contre l'occupant britannique et va le faire sien. Il rencontre ainsi, Tyrone Meehan, l'un de leurs chefs. Cet homme lui fait découvrir tout ce qui fait l'âme irlandaise : dans les cafés, dans les landes.. Il va même, comme un père, lui "apprendre à pisser" . Il partage avec lui l'organisation de grandes manifestations auxquelles participent femmes, enfants, vieillards..
Et c'est cet homme qu'il découvre brutalement, comme l'ensemble de la communauté irlandaise, être un traître. Et il ne comprend pas..
"Je n'étais pas triste de moi. J'étais triste de nous. J'étais triste de ma somnolence, triste de mon affection, triste de mes certitudes. J'étais triste de chacun de mes gestes pour lui."
J'ai beaucoup aimé cette histoire, cette relation très forte entre le jeune luthier et son "traitre". Aussi, l'amour pour ce pays, ce peuple, cette culture qui se dégage du livre.
Hubert Artus en parle très bien sur Rue 89 et Yvon sur son blog