La Mer pour horizon

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dimanche 27 mars 2005

L'usage de la photo

Annie Ernaux explore d'autres possibles dans ce nouveau livre qu'elle signe avec Marc Marie. 14 photos prises après l'amour : des vêtements abandonnés traces d'un moment déjà passé. Annie et Marc écrivent chacun l'un leur tour les souvenirs que leur inspirent ces photos. Cette nouvelle experience est à la fois impudique, froide et symbolique de ce que nous souvent nous n'osons pas dire. Elle est aussi le moyen pour Annie Ernaux de parler de son cancer et comment la rencontre avec Marc Marie lui a permis de le vivre "tranquillement". "Aucune photo ne rend la durée. Elle enferme dans l'instant. La chanson est expansion dans le passé, la photo, finitude. La chanson est le sentiment heureux du temps, la photo son tragique. J'ai souvent pensé qu'on pourrait raconter toute sa vie avec seulement des chansons et des photos". A la fin du livre, Annie Ernaux dit la crainte que ce qu'écrit Marc Marie ne soit pas en phase avec son écrit à elle. "Bientôt nous allons échanger nos textes. J'ai peur de découvrir ce qu'il a écrit. J'ai peur de son altérité, cette dissemblance des points de vue que le désir et le quotidien partagé recouvrent, que l'écriture dévoilera d'un seul coup. Est-ce qu'écrire sépare ou réunit." Ce qu'en disent les auteurs : http://www.gallimard.fr/catalog/Entretiens/01052322.htm

mercredi 2 mars 2005

Le Rouge et le vert

Trop bien , le dernier Pouy. Quelques extraits pour mettre l'eau à la bouche : "Quand je me suis recouché, Violette s'est étalée sur le dos, sans se réveiller, et s'est mise à ronfler. C'est beau, une femme qui se prend pour une loco. On ne dérange pas.." "Est-ce la vache qui regarde passer les trains, ou bien est-ce nous, qui, dans les trains, regardons ces immobiles bêtes? La vache est là, toujours, partout. La vache qui rit, la vache sérieuse et la vache mauve, celle, paraît-il qui broute sur les plaquettes de chocolat...La vache n'est pas folle, elle aime lentement son territoire, marche humblement à petite vitesse, prend son temps.. "Ca fait réfléchir. De temps en temps, penser à ce troc de l'impossible. Ca lave la tête. Let's do the Jivaro, c'est oxygénant. Tout Beaubourg pour un seul Morandi. Tous les films depuis trente ans pour "Bande à part" de Godard. Un seul dessin de Glen Baxter pour toute l'oeuvre dePhilippe Labro. On peut tenter des variantes : que préferer pour ce soir? Lire du Christine Angot ou boire un bon mercurey blanc? Ca n'a rien à voir, on me dira. Moi, je crois que si."