La Mer pour horizon

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mardi 27 février 2007

La troisième France

Sur son blog, Thierry Pech écrit :
"On peut dire pour schématiser qu’il existe aujourd’hui trois France : celle de la stabilité, celle de l’indépendance et celle de l’infortune.
La première est faite de salariés proches du secteur public ou abrités dans de grandes entreprises assez protectrices. S’il lui arrive de se sentir menacée dans ses statuts ou son pouvoir d’achat, de craindre pour ses enfants, elle dispose encore d’une certaine maîtrise de son avenir.
La seconde (la France de l’indépendance) est, pour sa part, composée de gens qui ont le sentiment de pouvoir s’en sortir par eux-mêmes. Elle est faite de chefs d’entreprise, d’une grande partie des professions libérales, de cadres supérieurs du privé, de commerçants, d’artisans… Si elle se plaint beaucoup (du droit du travail, des prélèvements obligatoires, des « tire-au-flanc »…), elle reste néanmoins porteuse d’un rapport optimiste et volontariste à l’avenir.
Reste la troisième, la France de l’infortune. Vulnérable aux coups du sort et matériellement défavorisée, elle est composée pour l’essentiel de salariés précaires, d’ouvriers peu ou pas qualifiés, d’employés fortement exposés au risque de chômage, de travailleurs modestes exerçant dans de petites entreprises et de tout un prolétariat de services où l’on retrouve la plupart des salariés pauvres. Cette troisième France entretient un rapport anxieux à l’avenir : elle ne sait pas de quoi demain sera fait, dispose rarement d’un patrimoine de sécurité ou d’une famille aisée pour lui venir en aide, et son faible niveau de qualification ne lui donne pas un accès facile au marché du travail."

Nos policiers : Resnick, Wallander, Erlendur... vivent mal leur métier car ils sont au centre de cette contradiction. Amenés à traquer des criminels issus de ce peuple de l'infortune, ils font partie de celui de la stabilité et sont confrontés aussi à l'arrogance de celui de l'indépendance. Bien souvent aussi, ils voient leurs enfants basculer du coté des premiers.
La suite du billet de Thierry Pech

dimanche 25 février 2007

A l'inattendu les dieux livrent passage


Maureen o'Brien, HB éditions

Deuxième tome des enquêtes de l'Inspecteur John Bright. Notre inspecteur ne s'est pas remis de sa précédente enquête dans les milieux du théâtre et c'est justement dans ce milieu qu'il doit à nouveau travailler.
Pendant l'absence de Kate, comédienne travaillant loin de son domicile, le corps d'une femme est retrouvé chez elle dans un état de décomposition avancé. L'enquête que John Bright va mener, l'amene à enquêter parmi les amis de celle-ci, ce qu'elle a du mal à supporter. Elle essaye de découvrir ce qui s'est passé, par elle même, de façon à éloigner ses proches de la police, qui en fait la piste de loin. Elle nous emmène, en particulier dans des milieux presque sectaires ou new age..
Le personnage de John Bright, derrière ses aspects bourrus, tordus est attachant par ses cotés hors norme. Kate nous fait toucher du doigt tout ce qu'une enquête de police bouleverse dans l'ordre établi des relations humaines.
Le résumé sur le site des éditions HB

samedi 24 février 2007

Bernhard Schlink et la culpabilité

Dans un entretien au Monde, Bernhard Schlink revient sur le point de vue qu'il développe dans son nouveau roman "le retour" comme il l'avait déjà fait dans le très beau "le liseur".
Dans ce roman, l'auteur nous racontait l'amour d'un jeune étudiant pour une femme plus âgée à qui il apprenait le plaisir de lire quand elle l'ouvrait aux plaisirs de l'amour. Puis la disparition de cette femme que notre jeune étudiant retrouvait plus tard jugée par un tribunal pour avoir été Kapo dans un camp de concentration.
 L'auteur croit à l'idée de culpabilité collective, d'intégration de la faute des pères par les fils.
"Est-ce à dire qu'une des sources de cette culpabilité tiendrait à la fascination que la génération des fils éprouve encore à l'égard de celle des pères, quels qu'aient été leurs crimes ?
Tout le dilemme tourne autour des notions d'amour et de condamnation, d'admiration et de dégoût."
"Si le bien et le mal étaient clairement dissociables, si les nazis avaient été des monstres, il n'y aurait pas de problème. Le monde serait intelligible. C'est précisément parce qu'ils n'étaient pas que des monstres que ce qui s'est passé reste pour nous opaque et angoissant."
On retrouve ce type d'interrogation dans "J'apprends l'allemand".

 

mercredi 21 février 2007

"La cité des jarres" Points seuil, Arnaldur Indridason

J'ai découvert l'inspecteur Erlendur dans "La Voix" et ai eu envie de découvrir les premiers romans de Arnaldur INDRIDASON. La "cite des jarres" est une très beau roman. 
Un vieillard est retrouvé assassiné dans son appartement. L'inspecteur Erlendur découvre que le personnage était plutôt répugnant. Il a violé, il y a quarante ans, une femme. Celle-ci aura une enfant de cette union qui décédera quatre ans plus tard d'une maladie génétique au cerveau. La mère se suicidera peu après cette disparition. Erlendur qui vient de renouer avec sa fille, elle même enceinte tout en ayant une vie très compliquée (drogue, prostitution..) entraîne toute son équipe sur une enquête qui l'envahit. Entre délinquants sexuels et recherche génétique, Erlendur nous fait partager la vie de ces policiers en première ligne contre le crime dans une société islandaise, longtemps repliée sur elle-même et confrontée à l'ouverture sur le monde. On découvre aussi un homme à la recherche de relations vraies avec sa fille qui retrouve un certain équilibre auprès de lui.
Voir aussi une autre critique

 

 

 

samedi 17 février 2007

J'apprends l'allemand

Denis Lachaud, Babelj

Ernst est né et  habite à Paris avec ses parents, allemands. Il ne sait pas pourquoi ils vivent en France. C'est un secret bien gardé. Il va commencer à s'interroger vraiment sur ses origines à l'occasion d'un voyage scolaire en Allemagne. La famille qui l'accueille et qui va devenir pour lui, une famille d'adoption pour la vie, a aussi ses secrets. L'un des grands-pères avouent à Ernst qu'il a été gardien à Dachau pendant la seconde guerre mondiale et l'un des oncles du correspondant d'Ernst, homosexuel et dont l'ami est juif a renié son père. Tout en cherchant à se faire son chemin dans la vie, le jeune homme découvre les secrets de ses parents.

Réveillez le Président

Jean Hugues Oppel, Rivages

On est trop sûr de nous. Un accident peut arriver et c'est l'emballage nucléaire. C'est ce que veux nous montrer Jean Hugues Oppel dans son nouveau roman rythmé par des récits de négligences qui auraient pu provoquer une guerre nucléaire .
Le Président est dans le coma et l'alerte nucléaire est lancée, on ne sait trop comment. Le Président ne peut plus utiliser ses codes pour tout arrêter et ceux du Président du Sénat ne marchent plus. Une informaticienne, Caro, spécialiste des codes informatiques est appelée à l'Élysée pour essayer de tout stopper.
Pendant ce temps, des généraux américains se demandent ce qui se passe du coté des français dont les sous marins nucléaires sont sur le pied de guerre sans comprendre contre quel ennemi. A bord du sous marin le Téméraire, on suit l'engrenage infernal dans lequel est pris l'équipage dans lequel on découvre un Alain Le Chifol, enseigne de vaisseau, amateur de kayak de mer et de bains par tous les temps.
Qui va arrêter la machine?
En dédicace, une belle phrase de Russel Banks : "la fonction de l'écrivain est de faire en sorte que nul ne puisse ignorer le monde et que nul ne puisse s'en dire innocent"
Une pensée de l'auteur placée dans la bouche de Caro, sa jolie informaticienne : "mieux vaut se prendre une mauvaise gauche qu'une bonne droite, ça fait toujours moins mal". Bien vu dans cette période d'élections!!! présidentielles.

mardi 13 février 2007

Les fleurs sont faciles à tuer

Maureen O'Brien, HB

Premier tome des enquêtes de l'inspecteur John Bright
Liza Drew, jeune comédienne, brillante et attachante est retrouvée assassinée par son amie Millie Hale. L'inspecteur John Bright, personnage énigmatique et accrocheur mène l'enquête. Il se concentre sur les proches de la victime : Millie, elle-même comédienne, dépassée par son amie qui lui a aussi "volé" son amoureux : Paul. Cet autre comédien est aussi suspecté du meurtre ainsi que la mère de Lizza, une femme ambiguë, amoureuse elle aussi de Paul. L'enquête a lieu dans les milieux du théâtre et de la télévision britannique.
John, dont ce n'est pas l'habitude doit arrêter son enquête par manque de preuves. Une histoire d'amour commence alors entre lui et Millie qui "grâce" à la disparition de son amie a enfin trouvé un rôle à sa hauteur dans une série télévisée...