La Mer pour horizon

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dimanche 28 octobre 2007

A l'abri de rien, Olivier Adam, L'Olivier

Comme beaucoup de mère dans les romans d'Olivier Adam, Marie aime ses enfants, mais elle sombre dans la folie 
Elle vit dans le nord de la France (Dieppe?), avec son mari, Stéphane, conducteur de bus scolaire et ses deux enfants qu'elle adore : Lucas et Lise. 
Elle qui a perdu sa sœur Clara, morte dans un accident de la route, été caissière de supermarché, vit (survit) dans sa petite maison, assommée par les calmants. Et puis un  jour, elle est dépannée par un réfugié sur la route et découvre qu'à coté de chez elle, dans sa ville, il y a plus misérable qu'elle : des réfugiés, prêts à tout pour passer en Angleterre. Elle va se donner corps et âmes à ce combat du pot de terre contre le pot de fer, oublier mari et enfants.. Une espèce de fuite en avant, jusqu'à la folie..
Un très beau roman d'Olivier Adam, où la folie d'habitude très présente dans son oeuvre vient se confronter à la misère de ceux qui viennent chercher chez nous ce qu'ils n'ont pas chez eux au risque de leur vie.

Abd al Malik au Quai des rêves

Une soirée qui fait du bien. 
D'abord une fanfare composée de cinquante musiciens qui accompagne un dj pour un mélange jazz-musique électronique..
Le mélange fait vivre comme celui que l'on peut découvrir autour de ce que fait Eric Marchand associant musique bretonne et musique tzigane..
Abd al Malik est dans le même ton. Face au discours musclé actuel, il propose une France multiculturelle comme ses chansons .
Jacques Brel cotoye le rap et le slam..
Tolérance et écoute..
Le site d'Abdel Malik

La Gravité

A l’arrière train du bus 14 comme à la remorque de la vie, je suis amorphe coté fenêtre
les yeux assis dans le vide à ne surtout pas me demander si la vie me considère comme un
brave.
Je viens d’un lieu où chacun se complait à être grave.
Tourner en rond dans ces ruelles de la vie que même les lampadaires n’éclairent plus.
Etre baigné dans le noir et pourtant se croire dans la lumière totalement nue. Sortir la
tête de l’eau ou se noyer dans le fantasme…
Je viens d’un lieu où chacun se complait à être grave.
Je me blesse tout le temps avec le tranchant de l’orgueil. Je suis de ceux qui lentement
deviennent leur propre cercueil. Je suis aveuglé par des murailles de tour, je me dis :
il ne peut rien y avoir derrière ces rempart.
Je viens d’un lieu où chacun se complait à être grave.
Avoir la prétention d’être soit, on se connaît toujours trop peu. Donner du sens, cette
pensée me rend exceptionnel en ce lieu. Provincer mon existence, il fut un temps où
Paris, j’y serais allé même à la nage.
Je viens d’un lieu où chacun se complait à être grave.

La suite

lundi 22 octobre 2007

Boris Vian au "Quai des rêves"

Boris Vian sera à l'honneur au Quai des rêves avec le spectacle: "Et vlan dans les dents".
Découvert un très beau site sur le poète, écrivain, musicien, ingenieur....
Quelques citations et un poème trouvés sur ce site qui le caractérisent bien :

"Ce qui compte, ce n'est pas le bonheur de tout le monde, c'est le bonheur de chacun."
" On se rappelle beaucoup mieux les bons moments ; alors, à quoi servent les mauvais ?"


Je n'ai plus très envie

Je n'ai plus très envie
D'écrire des pohésies
Si c'était comme avant
J'en fairais plus vouvent
Mais je me sens bien vieux
Je me sens bien sérieux
Je me sens consciencieux
Je me sens paressieux.


[...]

Signature de Boris Vian

 

dimanche 21 octobre 2007

Les bois dormants, Fabienne Juhel, Editions du Rouergue

"Après, j'ai continué de me perdre, toute seule, méthodiquement, avec application, tel un malfaiteur, montre en main, réglant une casse". La narratrice s'est toujours perdue. Dans son enfance, dans une fête foraine. 
A trente ans, on lui annonce une tumeur au cerveau. Elle n'a plus que six mois à vivre.. Les infirmières lui racontent des contes. Son mari dit à ses enfants qu'elle est partie aux mures...
Le comas l'envahit.. Elle rêve...Les souvenirs l'envahissent..
La Bretagne est très présente : campagne et mer..
"Un peu de varech, des bouts de cordage tressés de plumes de goélands et d'os de seiche dessineront une frontière de fortune sur le sable sec"
Une écriture très légère, pudique et poétique pour un sujet grave...

dimanche 14 octobre 2007

Le polar nordique est à la mode (à juste titre)

Encore un article du "Monde des livres" de vendredi : Mankell, Nesbo, Indridadson.. sont très lus et appréciés en ce moment.
Il y aussi Arni Thorarinsson, découvert cet été pour "le temps de la sorcière".
On peut lire une très belle interview de lui sur Bibliosurf.
"La société islandaise change très vite. Ce n’est plus une société insulaire où chacun connaît ses voisins et fait attention à eux. Elle a tous les problèmes des sociétés plus grandes, juste à une plus petite échelle."
"La société islandaise a cessé d’être isolée et « innocente », les gens voyagent, des étrangers visitent le pays, et la technologie, avec Internet, l’a ouverte à toutes les influences d’autres sociétés, influences à la fois positive et négative, criminelle et créative."

lundi 8 octobre 2007

La trempe, Magyd Cherfi, Actes sud

Deuxième recueil de textes de Magyd Cherfy. Souvent plus durs que dans le recueil précédent. Avec notre nouveau Président, croire dans l'intégration, devient de plus en plus difficile. 
"C'est dans la transmission aux nouvelles générations que se bâtira la France métisse, transmission dans laquelle le métissage de la peau se posera comme une chance, comme une supériorité de la condition humaine, comme une élévation fraternelle et intellectuelle, comme une force à faire de ce monde un espace de droit et d'amitié". 
Il est beaucoup plus tendre quand il parle de sa mère qui arrivait à trouver malgré la ribambelles de gamins, le temps de moments (rares) intimes avec chacun. . 
"J'aimais me retrouver seul avec maman, ces jours-là, elle desserrait l'étau, elle posait son gros balluchon de mère nourricière et devenait une autre femme. Une femme tout court, aimante, reposée et pleine d'attentions. Une femme qui pensait soudain à elle.."
Il regarde aussi avec du recul l'histoire avec Zebda. "J'essayait d'insinuer de l'universel dans le texte mais il choisissait tout le temps le camp palestinien"..

Il faut encore croire et faire vivre l'idéal laïc, démocrate et respectueux de Magyd à l'heure des tests ADN..
"Il ne suffira pas d'être démocrates, il nous faudra être respectés. Tout simplement respectés.."