La Mer pour horizon

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mardi 29 janvier 2008

Pouy et Camus

J'aime bien cette citation de Camus que nous propose JB Pouy, en préface à son nouveau livre : Nus, Fayard

Au lieu de tuer et mourir pour produire l'être que
nous ne sommes pas,
nous avons à vivre et faire vivre pour créer ce
que nous sommes


Albert Camus

 

vendredi 25 janvier 2008

Didine

S'engager ou pas. Didine est une jeune femme gentille avec tous et serviable. Par hasard, un jour, rendant visite à sa meilleure amie, qui vient de faire une tentative de suicide, à l'hôpital, elle découvre la solitude des personnes âgées. Se laissant porter par les évènements, comme d'habitude, elle découvre alors une association qui apporte un peu d'amitié à des anciens isolés. Didine fait ainsi la connaissance d'un milieu associatif qu'elle ne connait pas et de grand mères dont le caractère n'est pas toujours agréable. C'est ainsi aussi qu'elle va découvrir l'amour. Geraldine Pailhas est merveilleuse dans ce rôle. On y découvre Benjamin Biolay, en amoureux méconnu. Un film simple et frais.

free music

jeudi 24 janvier 2008

Des nouvelles de Cesare

"Cette photo de Cesare Battisti à l'audience est la première que l’on voit depuis celle de son arrestation au Brésil. Elle signifie, pour l’ancien réfugié italien en France, le début du -possiblement long- processus qui décidera de son extradition du Brésil vers l’Italie. Qui le réclame depuis plus de vingt ans, et à qui la France avait décidé de le livrer en 2004.

C’est surtout la première photo que l’on voit depuis sa grève de la faim, menée dans sa cellule de Rio pour protester contre le refus des autorités de le transférer. Car depuis son arrestation sur le front de mer de Copacabana le 18 mars, l’Italien s’est souvent plaint de conditions de son incarcération."

La suite sur Rue 89 par Hubert Artus

mercredi 23 janvier 2008

La perdida, Jessica Abel, Delcourt

Carla arrive à Mexico sur les traces de Frida Kahlo et de son père mexicain qu'elle n'a pas connu. Américaine par sa mère, elle veut retrouver ses racines paternelles. Elle vit d'abord avec son ami Harry, riche américain qui essaye de son coté de suivre les traces de Kerouac et de Burroughs sans contact avec la population locale. Carla, elle, veut découvrir la culture locale et se rapproche de mexicains vivant dans les marges. Oscar et Memo sont de ce monde de la nuit, des combines (drogue) mais aussi du gauchisme anti-américain. Elle va apprendre à ses dépens qu'il est difficile d'échapper à son histoire...
Une très belle histoire servie par des dessins en noir et blanc comme les discours d'Oscar et Memo.

lundi 21 janvier 2008

Entrée du diable à Barbesville, Marc Villard, Rivages

Dans ce recueil, Marc Villard, regroupe des nouvelles parues dans différents recueils ou revues. On retrouve son style incisif et court. Sans abri, dealers, écrivain raté, flic véreux.. les personnages de Marc ne font partie des fréquentations de notre Président ou du moins pas celles qui apparaissent dans les médias..
J'ai beaucoup aimé "Du coté des étangs". Un écrivain anime un atelier d'écritures en banlieue. Le thème de l'atelier : "l'idée de la mort". "Aujourd'hui, je ne sais pas trop mais quand j'avais votre âge, je pensais qu'on pouvait mourir de faire l'amour. Que le corps se vidait de toute vie dans les rapports sexuels". Chacun revient sur des morts qu'il a croisé dans sa vie : un accident du travail, un grand-père..
L'auteur perçoit dans l'un des textes écrits par un jeune du groupe comme un appel à l'aide. Et la réalité rejoint la fiction. Le jeune avait tué son père, alcoolique qui battait sa sœur. L'écrivain va l'aider à faire disparaître le corps.
De la proximité poussée très loin du roman noir avec les perdants de la vie. Du très beau Marc Villard.

mercredi 16 janvier 2008

J'étais un enfant de survivants de l'holocauste, Bernice Eisenstein, Albin Michel

"Je n'ai jamais trouvé le point de fuite de l'holocauste, je n'ai jamais vraiment su où me situer sur son horizon".
"Je lis pour m'ouvrir à toutes les émotions, comme la fille de parents qui ont éprouvé une perte inimaginable. Je lis pour être courageuse, pour apprendre à naviguer dans les eaux mouvantes du monde"
"Je suis perdue dans la mémoire. C'est un lieu dont il n'existe aucune carte, dont on n'a pas oublié la latitude pour m'aider à revenir sur mes pas jusqu'à mon point de départ."
Bernice Eisenstein raconte et dessine son histoire de fille de déportés juifs. Ses parents se sont rencontrés à Auschwitz et mariés peu après la libération avant d'émigrer au Canada. Bernice dit sa difficulté a comprendre et à connaître l'histoire de ses parents. Comment se construire quand tout une partie de la vie de ses parents est tue mais transpire de leur façon d'être de réagir. 
Bernice nous raconte comment elle a petit à petit découvert l'histoire de son père, comment il a survécu sans que celui-ci ne puisse le lui raconter ("La parole ou la vie" de Jorge Semprun"). Elle nous dit aussi comment sa mère, elle, a pris la parole pour témoigner, dire comment elle a échappé aux expériences médicales de Mengele.
Ce livre est aussi un hommage à la lecture qui l'a aidé à comprendre : Primo Levi, ElieWiesel..
Un très beau livre sensible et  tendre.

mardi 15 janvier 2008

Printemps des poètes 2008

C'est la dixième édition du Printemps des Poètes  :
Du 3 au 16 mars 2008
,
sur le thème "
Eloge de l'autre. Carrefours, croisements, métissages"

Comme chaque année une sélection de poèmes sur le thème de l'année sont proposés comme celui-ci de

Claude Albarede

:

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lundi 14 janvier 2008

L'immeuble d'en face, tome2, Vanyda, la boite à images

Nous retrouvons les habitants du petit immeuble découvert dans L'immeuble d'en face (tome 1).
Chacun vit sa vie : le couple du premier, Fabienne et Jacky, avec son chien qui doit subir une opération.
Claire et Louis, jeune couple du troisième, alternent rencontres avec les copains et moments plus intimes.
Béatrice, au premier est contente d'avoir sa mère pour la décharger un peu de son face à face avec ses deux petits enfants.
Et de temps en temps, des rencontres ont lieu, des services sont rendus..
La vie d'un immeuble d'aujourd'hui où de petites solidarités voient le jour..

vendredi 11 janvier 2008

Deux études intéressantes sur les bibliothèques que l'on brulent et sur "internet et pratiques culturelles"

La première concerne les bibliothèques, cibles des révoltes des banlieues :
Les questions que se posent les auteurs de l'article sont fondamentales :
"Depuis un peu plus d’un an, nous menons une enquête de terrain pour tenter de comprendre ces événements [1]. Comment sortir de la perplexité dans laquelle nous laisse le fait d’une bibliothèque brûlée ? Comment comprendre ces actes ? Qu’est-ce qui est ciblé ? Une institution publique ? Un bâtiment représentant le pouvoir ou la République ? Une bibliothèque… Mais qu’est-ce qu’une bibliothèque ? Et qu’est-ce qu’une bibliothèque pour eux, les auteurs des violences ? Pour « eux », c’est-à-dire, d’autres que nous ? Le premier pas à faire pour sortir de l’embarras, c’est de prendre conscience que nous autres, bibliothécaires, enseignants et sociologues, nous faisons partie d’un même groupe particulier : nous gagnons notre vie et nous affirmons notre position sociale dans le marché du livre. Le livre est souvent présenté comme un attribut de l’individu, un support d’approfondissement de son rapport à soi. Mais il est aussi un objet social dont on se sert pour tracer des frontières entre les groupes et les catégories."
La conclusion  : Professionnalisées, les bibliothèques sont dans l’impossibilité de mener un tel travail. Les partis politiques agissent sur le monde populaire depuis l’État et par l’intermédiaire des institutions. Il est temps peut-être de sortir vers la société civile pour participer davantage, et dans le face-à-face, à la socialisation politique des individus et à la formation des groupes sociaux. Cela enlèverait un poids du dos des bibliothécaires et autres travailleurs sociaux ou de la culture, et clarifierait peut-être le rôle des institutions.
Le texte complet sur la vie des idées

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jeudi 10 janvier 2008

Passer l'hiver, Olivier Adam, Points Seuil

La vie n'est pas facile pour les personnages d'Olivier Adam : infirmière, professeur, ancien détenu, serveuse de station service..
Mort d'un père, travail un 25 décembre, chômage, ennui..
Ils sont tous prêts de baisser les bras : alcoolisme, maladie mentale,..
Pour les faire vivre ou survivre, il n'y a que les enfants présents dans l'ensemble des nouvelles, leur fraicheur, leur besoin de l'adulte, leur tendresse. Il y a aussi la solidarité. Et la nature : la forêt, la mer..
"La mer dans la nuit, c'est surtout le bruit des vagues et les lumières qui se reflètent".
Un très beau recueil de nouvelles, tendre et désepéré.
Une belle critique sur ce blog .

 

mercredi 9 janvier 2008

Tohu-bohu, Marc Villard et Jean-Bernard Pouy, Rivages

Marc Villard et Jean Bernard Pouy aiment se jeter des défis. Après Ping-Pong, ils se sont proposés d'interférer, de prolonger, de détourner le texte de l'autre.
A tour de rôle, ils nous proposent une nouvelle qui est reprise par l'autre.
JB Pouy adore nous  proposer des histoires néo rurales dont les personnages sont une corneille, une vache, un chien,..
"Je souffle, je suis bien. En ce moment l'herbe est touffue, et mes pis gonflent assez pour qu'on vienne me traire tous les soirs et tous les matins. Je fais quelques pas, j'évite mes bouses, faut pas croire, les vaches tentent toujours de rester propres".
M  Villard les reprend à sa sauce plus urbaine, plus jazzy. Quand c'est son tour de dégainer, on a plutôt à faire à des tueurs en série, un frigo..
"Mais cet homme qui achève un cycle est en fait une victime révoltée de la société spectaculaire marchande. Qu'il ait tué quatorze personnes en trois ans est d'un intérêt limité".
Beaucoup d'humour noir et de jubilation dans ces nouvelles.
Le recueil se termine par une très belle nouvelle de Gilles Mangard : "En silence" sur des airs de jazz.
"Sous la douche qui criait, il alternait le chaud et le froid. Je le sens, je suis vivant. J'élimine le tiède de mon existence. Chaud-froid, froid chaud. Je vais remplir cette enveloppe trop maigre qui me sert de frontière entre dedans et dehors".

lundi 7 janvier 2008

Le champ du sang, Denise Mina, Le Masque

Glasgow, 1981, Paddy Meehan est "garçon de course" au Scottish Daily news. Elle vit toujours chez ses parents irlandais catholiques des quartiers pauvres. Paddy rêve de sortir de son milieu familial très conformiste. L'assassinat d'un jeune enfant va lui donner sa chance. Elle comprend très vite que les deux enfants, accusés du crime n'ont pu le faire seuls. L'enquête qu'elle va mener lui permet de s'émanciper du poids familial et de nous faire découvrir la vie du petit peuple ouvrier de Glasgow. ""Alors Paddy finit par aller à la messe pour faire plaisir à sa mère, qui y alla pour faire plaisir à son mari, qui y alla pour montrer l'exemple à leurs enfants". Un roman dans la lignée des Harvey, Rankin, McDermid,..
Revue de presse de Denise Mina
Le site de Denise Mina

samedi 5 janvier 2008

Sylvie et Kim Rouch

J'aime bien l'écriture de Sylvie Rouch. Par exemple dans "Corps Morts"
Avec son mari, Kim, elle continue un travail commencé pour "l"homme du Niger". Un recueil de nouvelles : "Quatre saisons sur la Rance" où l'on retrouve aussi Gérard Alle, José Louis Bocquet et Denis Flageul doit paraître prochainement chez Coop Breiz.
On peut admirer le travail de Kim sur son site

 

vendredi 4 janvier 2008

La théorie du chien perché, Marie-Sabine Roger, Thierry Magnier

Pas facile de se mettre dans la peau et surtout dans la tête de ceux qui ne pensent pas comme nous, dont on ne comprend pas les comportements.
Juliette ne parle pas mais vit pleins de choses dans sa tête. Ce qu'il faut faire, ce qu'il ne faut pas faire. Les bons signes et les mauvais signes.... 
Parfois elle devient violente parce qu'elle ne veut pas que quelque chose s'arrête mais comme les autres n'ont rien vu, sa colère épouvante tout le monde.
Heureusement qu'il y a Lucile qui la garde chez elle et qui a la patience d'un ange avec elle. Heureusement qu'il y a les lapins et aussi cette grand-mère placée chez Lucile qui lui raconte des histoires qui ne devraient jamais s'arrêter.. Une sensibilité à fleur de peau..
Pour réfléchir ceux qui ne réagissent pas comme nous : les timides, repliés sur eux-mêmes....
Plus sur Marie Sabine Roger

 

jeudi 3 janvier 2008

« Journal », par Hélène Berr, Tallandier

Sur France Inter, ce matin, Thierry Steiner s'entretenait avec Antoine Sabbagh, Historien, conseiller éditorial de Tallandier à propos de la sortie du " Le journal d'Hélène Berr".
Voici l'un des passages cités ce matin (trouvé sur ce blog) :

Le 1er juin 1942, la mère d’Hélène lui annonce «la nouvelle de l’étoile jaune».
Sa réaction, d’une grandeur unique, se passe de tout commentaire. Il suffit d’en citer cela :

«Chez Mme Jourdan, j’ai rencontré (…) avec qui nous avons discuté de la question de l’insigne (l’étoile jaune). A ce moment-là, j’étais décidée à ne pas le porter. Je considérais cela comme une infamie et une preuve d’obéissance aux lois allemandes.
Ce soir,tout a changé à nouveau : je trouve que c’est une lâcheté de ne pas le faire, vis-à-vis de ceux qui le feront.
Seulement, si je le porte, je veux toujours être très élégante et très digne, pour que les gens voient ce que c’est. Je veux faire la chose la plus courageuse. Ce soir, je crois que c’est de le porter.»

Et voici ce qu’elle écrit huit jours plus tard :

«Mon Dieu,je ne croyais pas que ce serait aussi dur. J’ai eu beaucoup de courage toute la journée. J’ai porté la tête haute, et j’ai si bien regardé les gens en face qu’ils détournaient les yeux. Mais c’est dur.
D’ailleurs,la majorité des gens ne regarde pas. Le plus pénible, c’est de rencontrer d’autres gens qui l’ont.».

Le livre est préfacé par Patrick Modiano . On peut trouver cette préface sur Bibliobs