La Mer pour horizon

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samedi 31 mai 2008

"Des trains et des hommes" thème du concours de nouvelles La Noiraude/La fureur du Noir

Le concours de nouvelles La Noiraude/La fureur du Noir est lancé

Les participants doivent écrire une nouvelle noire ou policière sur le thème :

 « Des trains Et des hommes... »

Les participants adresseront leur texte en 6 exemplaires avant le samedi 6 décembre 2008 (cachet de la poste faisant foi)  à :

 Médiathèque de l’Ic - BP 150 « Concours de nouvelles 2009 »
22 590 PORDIC
courriel : mediatheque@pordic.fr

 

dimanche 25 mai 2008

Mon premier jour d'amour, Sophie Tasma, Médium, Ecole des loisirs

J'ai du mal à entrer dans le dernier Gavalda ("la consolante"). Une petite pause. Et un très joli livre qui parle d'amour adolescente du point de vue d'un garçon . Paul, quatorze ans, doit partir avec ses parents dans leur lieu rituel de vacances, la maison du grand-père. Il aurait préféré une randonnée dans les Cévennes avec ses amis mais les relations avec son père sont difficiles et il a du obtempérer. Ce séjour qu'il pensait être ennuyeux va sans doute marquer sa vie pour toujours. Sur la plage, alors qu'il était en train de lire une pièce de théâtre, il se fait aborder par Fanny, une jeune fille qui n'a pas froid aux yeux.  Grâce à elle, il va oser désobéir à ses parents, embrasser une fille pour la première fois et regarder d'un autre œil (plus juste) ses parents. Il va surtout tomber amoureux d'elle...
Plus sur le blog de Laure : Les jardins d'Hélène

vendredi 23 mai 2008

Michel Abescat et la Réforme. Les allusifs.

J'aime beaucoup les critiques de Michel Abescat dans Téléréma. On sent une proximité avec les auteurs. J'ai pu m'en rendre compte très concrètement à travers l'article qu'il avait consacré à la sortie du dictionnaire des littératures policières de Claude Mesplède ou encore le portrait qu'il avait consacré à Pierre Pelot. A St Malo, Etonnants voyageurs, il nous avait fait partager cette proximité avec ce grand écrivain lors d'une rencontre qui lui était consacrée.
Dans un récent article paru dans Télérama (14 mai) : intitulé "Un homme d'antérieur", il s'interroge sur le changement de signification du mot Réforme.
"La réforme, au singulier,  est devenue dans le langage courant - et là dessus Monsieur Fillon a raison, il a gagné- une sorte d'absolu, vidé de toute substance, un en-soi indiscutable, imperméable à la critique, une vérité inentamable, une fin incontournable". "Qui refuse la réforme, qui ose la mettre en doute, souhaite la contester, ou simplement la soumettre à l'examen ou au débat, est forcément rétrograde, conservateur, archaïque"..Tout ceci en pensant aux réformes des heures supplémentaires, des retraites..
Comme quoi la lutte politique est aussi et peut-être d'abord une affaire de mots...

Découvert une maison d'édition québécoise à travers plusieurs billets (en particulier celui de Rennette) : les allusifs.
Très envie de mieux connaître cette collection qui semble forte et originale..

lundi 19 mai 2008

Nous ne sommes rien soyons tout, Valerio Evangelisti, Rivages

Ce nouveau roman de Valerio Evangelisti fait écho à "Sur les Quais", la BD découverte à St Malo.
On n'imagine pas l'importance du mouvement syndical aux Etats Unis dans les années vingt, ni ces liens avec le mouvement communiste. Sa puissance gêne, bien sur le patronat mais il intéresse aussi le grand banditisme. Eddie Lombardo fait partie d'une famille de syndicalistes italo-américains . Peu tenté par le travail, il pense d'abord au proxénétisme puis devient mouchard au service du patronat. Il va petit à petit monter les échelons du syndicat ILA qui ménage plus les intérêts des patrons que ceux des dockers. Tout au long du roman, l'histoire d'Eddie nous conduit à découvrir les guerres d'influence pour contrôler le marché du travail dans les ports entre des syndicats tenus par les communistes ou par la maffia avec en arrière plan l'influence du patronat et du politique.  Le personnage d'Eddie n'a pas grand chose pour lui sinon sa capacité à nager en eau trouble.. Les seuls personnages qui gardent une certaine humanité dans ce roman sont les femmes. Elles sont courageuses et sont les seules à s'opposer aux parrains de la mafia.
Un livre sombre et très intéressant pour mieux connaitre cette période de l'histoire américaine.
Ce qu'en dit Jean Marc Laherre

Le site de Valerio Evangelisti (mais c'est en Italien)

jeudi 15 mai 2008

Sur les quais, Bud Schulberg, Georges Van Linthout, Rodolphe, Rivages/Casterman/Noir

Premier ouvrage découvert de cette nouvelle collection présentée à St Malo et dirigée par François Guerif (directeur de Rivages noir) et Matz.
Le projet est de découvrir ou de redécouvrir des textes d'auteurs incontournables du roman noir à travers un prolongement graphique.
Ce texte de Budo Schulberg est très bien mis en images par Georges Van Linthout.
Nous sommes sur les quais. Les docks sont le royaume de la mafia qui décide qui va travailler, à quel tarif et où. Et malheur à qui s'oppose à son pouvoir.
Au début de l'histoire, Terry, le jeune frère d'un proche du parrain de la mafia, aide, sans le vouloir vraiment, à l'assassinat d'un jeune docker. Le prêtre du secteur, jusque là lui aussi peu regardant sur les méthodes employées, va ouvrir les yeux et inciter les dockers à se rebeller...
Mais, la mafia est puissante et les personnes qui dénoncent à la police sont vite considérées par tous comme des mouchards à éliminer..
Un beau texte qui rejoint celui de Valério Evangelisti découvert aussi à St Malo..

 

mercredi 14 mai 2008

La cote 512, Thierry Bourcy, Folio policier

Célestin Louise est un jeune flic parisien. Il mène ses enquêtes avec passion et humanité. Il fait la différence entre un petit truand qui vole pour manger et les gros poissons. La guerre 1914-1918 vient interrompre sa carrière dans la police. Alors qu'il aurait pu rester à l'arrière comme beacoup de ses collègues, il choisit de partir au front. Au moment de son incorporation, il fait la connaissance d'un officier : le Lieutenant de Merange. Ce jeune patron d'entreprise est plutôt sympathique et attiré par les jolies femmes. 
Célestin se retrouve au front avec d'autres hommes de milieux très différents du sien et comme lui très mal préparés à la guerre des tranchées.
Thierry Bucy nous fait vivre la vie de rats de ces poilus sur le front. Il dit aussi la bêtise des responsables militaires qui font tuer, de part et d'autre, des milliers d'hommes pour gagner quelques parcelles de terrain. 
On parle aussi d'amitié Celle qui va lier Célestin à un petit malfrat qui va devenir un compagnon de tranchée.
Lors d'un assaut des lignes ennemies, le lieutenant De Merange est tué d'une balle dans le dos. Celestin reprend alors son métier de policier et mène l'enquête au milieu des tranchées puis à l'arrière, au péril de sa vie ..
Un très beau roman

D'autres points de vue : ceux de JM Laherre, de Dasola et sur Moisson noire

mardi 13 mai 2008

Les hommes, Magasin général, Loisel et Tripp, Casterman


La vie du village a beaucoup changé depuis l'arrivée de Serge. Celle de Marie aussi.. Mais les hommes sont de retour de la période de la chasse. L'arrivée de ce nouveau dans la communauté villageoise et le rôle central qu'il a pris vont déchaîner : rancœurs, jalousie, violence.. 
Un tome plus dur que le précédent. Les hommes ne sont pas toujours les plus ouverts au changement...
Marie espère de son coté sortir de la solitude. Mais Serge est-il le compagnon qu'elle attend?
Beaucoup aimé ce troisième tome de Magasin Général.. Vivement les trois suivants annoncés par Loisel..
Charlie Bobine en parle aussi sur son blog de façon moins enthousiaste..

lundi 12 mai 2008

Souvenirs d'Étonnants voyageurs 2008



Comme chaque année, le festival est l'occasion de rencontrer, écouter des auteurs déjà connus et d'en découvrir de nouveaux. Les lectures ne sont pas toujours ensuite au niveau du plaisir ressenti au moment des débats.. Mais cela fait partie du jeu..
Cette année, le débat "sur les routes d'Orient" a été très riche. Pourquoi partons nous? Pourquoi cherchons nous l'exotisme? Rory Mac Lean a suivi la trace des hippies qui partaient en Inde pour changer la vie en se changeant. .  Nous occidentaux, souvent, souhaitons l'authenticité lors de nos voyages même à l'intérieur de notre pays mais par notre présence, nous érodons ce que nous touchons (Pierre Jourde) .. 
Colunn Mccan participait au débat "le nom du monde est poésie" pour son roman "Zoli". En présence du musicien Titi Robin. Il a dit la traque des tziganes en tous temps, tous lieux..
Valerio Evangelisti, dans un premier polar ("Nous ne sommes rien, soyons tout"), non fantastique, raconte la montée des mafias dans le syndicalisme des dockers américains..
Ancien correspondant en Irlande de Libération, Sorj Chalendon, raconte sa rencontre avec un militant de l'IRA qui deviendra l'un des bras droits de Gerry Adams. Quand il apprendra que cet homme, devenu un ami, était en fait un espion au service du Royaume Uni, il ne pourra dire sa peine, sa colère qu'à travers un roman : "Mon traître".
Boualem Sansal avec une voix douce et calme présente l'histoire de ce nazi, enfui en Syrie puis en Egypte et qui deviendra mercenaire au service de l'armée de libération algérienne. Il s'installera en Algérie.. Boualem a fait un roman de cette histoire («le Village de l'Allemand»). Ce sont les enfants de cet homme, germano-algériens qui découvrent l'histoire cachée de ce père qui a participé à la Shoah et est reconnu comme un héros par les algériens.
Découvert aussi la très belle nouvelle collection Rivages/casterman/noir de bandes dessinées. Le projet est de reprendre des grands textes du roman noir avec l'aide des illustrateurs comme : Myles Hyman, Baru, Joe G Pinelli..
Une très belle exposition tirée du livre d'Olivier Jobard : "Kingsley, itinéraire clandestin"
qui fait réfléchir sur notre politique actuelle en matière d'immigration..

Etonnants voyageurs 2008

Des livres, des écrivains mais aussi la mer au pied du festival.

mercredi 7 mai 2008

Serge, magasin génral, Loisel et Tripp, Casterman

J'ai retrouvé avec plaisir tous les personnages de "magasin général". En fait, ici, surtout les femmes, les enfants, les personnes âgées et le curé. Les hommes sont partis pour la saison de la chasse. Marie est toujours bien seule pour faire tourner "sa boutique". Elle est très heureuse quand Serge arrive avec sa moto et que celle-ci tombe en panne. Elle lui propose de l'héberger pour la soirée. Bien sur, cela fait jaser mais le curé est quelqu'un d'ouvert. Une solution pour lui trouver un toit le temps de la réparation est trouvé dans une remise derrière chez Marie. Il n'y a pas que celle-ci qui voit sa vie changer avec l'arrivée de Serge. Cet homme-là sait tout faire : tuer le cochon, faire des accouchements.. Et surtout faire de la cuisine. De la grande cuisine !!! Le magasin général va devenir pour un moment un restaurant comme à Paris..toute la vie de la communauté villageoise est changée...
La suite très bientôt avec le retour des hommes.
Plus sur le site de Loisel

mardi 6 mai 2008

Vite et nulle part, Grazia Verasani, Métailié

Il faisait chaud à Rennes cet après midi. Cette ambiance lourde était en phase avec ce roman de Grazia Verasani que j'étais en en train de terminer..
Bologne, une détective privée, quarantenaire, Giorgia Cantini. Elle est sollicitée pour retrouver Vanessa Liverani, jeune prostituée de luxe.
Van vivait seule avec son petit garçon William qu'elle emmenait parfois dans des soirées un peu chaudes.
Giorgia mène l'enquête dans la famille de Van. Un grand-père, très proche de son petit fils, ancien résistant. Une mère qui a eu, elle aussi, un passé de femme assez "légère" et un père jaloux jusqu'au meurtre.
Le personnage de Giorgia est très attachant. Elle refuse de s'apitoyer sur son sort de femme "mure" sans compagnon attitré. Elle est assez en décalage avec le politiquement correct : elle fume, boit...Son meilleur ami et voisin est une ancienne vedette de film porno..
Sa vision des relations entre les gens est assez pessimiste ou réaliste. ..
" Je pense qu'il y a ceux qui voyagent pour sortir de la réalité, qui vont sur la Lune ou font sept fois le tour du monde, et il y a ceux qui boivent pour les mêmes raisons. Peut-être que Van savait qu'à la fin du voyage il n'y a rien, que lentement ou rapidement nous partons vers tous les endroits et vers aucun, confinés dans les mémoires de nos survivants, stoppés sur le plus beau ou sur le plus moche"..
Le livre se termine peut-être sur une ouverture..
Le point de vue de Jean Marc Lahèrre

Je ne peux terminer ce billet sans penser à ce grand du néopolar : Frederic H Fajardie.
On peut le retrouver sur un site qui lui rend hommage.
Lire aussi Hubert Artus sur Rue 89, et Bastien Bonnefous sur Polar blog

dimanche 4 mai 2008

Marche de nuit sans lune, Abdel Hafed Benotman, Rivages/noir



J'ai découvert cet auteur, grâce à Jean Hugues Oppel. 
Abdel Hafed Benotman, qui a lui même connu l'incarcération, a écrit ce livre en prison. C'est une dénonciation de l'inhumanité des systèmes judiciaire et carcéral mais aussi du fonctionnement de la société : chômage, misère, ..
C'est aussi et surtout un très beau roman. Dan est emprisonné à Fleury Merogis. A l'extérieur, il n'a que sa grand mère qui vit à la campagne et dont il ne supporte plus le discours moralisateur.  Au cours d'un transfert de justice, il fait la rencontre de son existence : Nadine N'Goma, détenue elle aussi. Les deux détenus engagent une correspondance. Pour Dan, c'est la découverte du grand amour. A sa sortie de prison, il décide de mettre sa vie au service de Nadine et à celui de son fils. Au gré de ses démarches, il découvre un autre univers, celui de la nuit. Nadine, travaillait dans une boite un peu spéciale. Il rencontre des amis fidèles et haut en couleur de Nadine et en particulier Jonath, grand costaud au cœur tendre mais aussi Gony, l'inspecteur de police corrompu qui l'a torturée..
Le texte est ponctué de poèmes qui disent la révolte de l'auteur :

Elle est sortie cette nuit
Pour réchauffer son corps
A la recherche de bras
Dans les décharges des hommes
Des bras d'handicapé
Des bras de tatoué
Bras de camisolé
De fleuve ou d'amputé
Enfin ceux d'un bonhomme qui les laisse tomber
De les avoir trop levés sans même se soulever

Plus sur le site de Rivages

Lire aussi ce qu'en dit Hubert Artus sur Rue89


samedi 3 mai 2008

Quatre saisons sur la Rance, Kim Rouch, José Louis Bocquet, Gérard Alle, Sylvie Rouch, Denis Flageul, Coop Breizh

Nous avons eu le plaisir de découvrir ce joli livre sur la Rance pour son lancement. Etrange de retrouver ces rives que nous parcourons souvent en kayak quand la mer est mauvaise.
C'est aussi à quoi nous invite les quatre auteurs du recueil : José Louis Bocquet, Gérard Alle, Sylvie Rouch et Denis Flageul, dans leurs nouvelles respectives . Chacun s'est vu confier une saison.
Pour José Louis, c'est le Printemps. La nouvelle se passe sur le barrage. Un embouteillage : un groupe de petits voleurs, un couple qui va se séparer, deux copines pas si copines que cela..
Pour Gérard, c'est l'été. Un orage éclate sur les berges de la Rance et Momo, SDF observe les évolutions de la population, des habitudes..
Sylvie a choisi (?) l'automne. Un homme revient dans son village dont il est parti il y a vingt ans pour travailler dans la marine marchande. Il observe les changements, se souvient de son père, chasseur..
Denis, termine l'année avec l'hiver. Lucas est venu sur la Rance après une rupture amoureuse avec Jenny qu'il a connu sur ces mêmes rives. Il rumine ses regrets, boit...A quoi bon la vie?
La Rance et ses berges sont très présentes dans ces nouvelles et dans les aquarelles de Kim Rouch : cimetière de bateaux, vol de bernaches, chantier naval...
Pour mieux connaître le travail de Kim

 

jeudi 1 mai 2008

Echancrure, Michel Le Bourhis, Seuil

Michel Le Bourhis dans sa "préface" dit toute sa tendresse pour les adolescents difficiles, révoltés..
" Je continue de croire que des parcours chahutés peuvent être apaisés par une parole, un livre, un baiser, un livre, une chanson parfois. Je sais ce que moi même je dois à la littérature, à quelques poètes chanteurs, à quelques enseignants pour ne pas l'oublier".
"Echancrure" traduit très bien cette attention.
Thomas vit avec sa mère, caissière en grande surface et son beau-père, pour lequel il a une certaine tendresse. Il rejette l'école et ses contraintes mais cultive une fascination pour les livres et la lecture.. Un jour, Micheline, enseignante en retraite, l'arrête au moment où il allait voler le Pléiade de Maupassant. Attendrie par l'adolescent, elle lui offre l'ouvrage. Une relation va s'établir entre eux.
Thomas supporte de plus en plus mal les contraintes scolaires et rêve d'idéal. Avec ses amis, il vole une voiture pour retrouver la mer, le large...
Un très beau livre.