La Mer pour horizon

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lundi 30 juin 2008

Paroles de sourds, Glénat

J'ai beaucoup aimé dans la même collection "paroles de taulards". Des dessinateurs et scénaristes de BD, racontent, sous forme de "petites histoires"  la vie des gens en prison. J'avais aimé, aussi la pluralité de point de vue. La terrible vie des détenus mais , autrement aussi, celle des surveillants.
L'idée est reprise ici pour les sourds. A partir d'histoires vraies, une façon de se glisser dans la vie de personnes sourdes, d'enfants de personnes sourdes, d'interprètes.. 
Beaucoup aimé les textes sur l'éthique de l'interprète ou sur sa volonté de devenir transparent..

"L' émotion.
maintenant, je ne vais plus au théâtre
pour comprendre, mais pour voir et ressentir
les émotions que le spectacle me donne.
Les sourds m'ont aussi appris ça.
Ils sont plus attentifs à l'image du corps,
à ce que l'on projette.
On a le sentiment qu'ils lisent un peu
dans nos pensées."

 

samedi 28 juin 2008

L'année dernière, Moynot et Marc Lizano, Delcourt

Tout change, rien ne change.. Sébastien revient en vacances, en Bretagne, sur la cote de granite rose où il a passé toute son enfance et son adolescence, avec sa femme et ses filles. Le paysage n'a pas changé, la plage, la mer, sa grand-mère non plus.. Il retrouve ses amis d'enfance. Lui est devenu musicien, un autre entrepreneur.. Avec sa femme, amie d'enfance, les liens se sont distendus. Sébastien n'a plus vraiment de goût à rien même en musique.. Les lieux font revenir les souvenirs : les beuveries, les bêtises d'adolescents, les flirts..
Un très bel album  sur le temps qui passe.. Heureusement, il reste la mer..

vendredi 27 juin 2008

Un fils à papa chez les zonards, Denis Flageul, Coop Breizh

C'est le premier volume des aventures de Léo Tanguy que je viens de terminer. Beaucoup de plaisir à suivre Léo sur des terrains que je connais et aime beaucoup et tout particulièrement le Légué, un de mes lieux préférés de balade. C'est donc au port de St Brieuc que débarque Léo. Plus précisément, chez Gildas Chasseboeuf, observateur attentif de tout ce qui se passe dans le port : entrées et sorties de cargos, mouvement des petits tracteurs qui évacuent régulièrement la vase et que l'on peut découvrir dans "carnet du port".. Gildas l'a invité car il souhaite connaître les raisons de la mort d'un homme, décédé par noyade dans les eaux du port. Léo qui a besoin de se changer les idées, va s'investir dans cette enquête qui va l'amener à découvrir ce qui relie ce noyé, fils de bonne famille avec l'évacuation musclée de la Fabrique ( qui fait penser très fortement au wagon, lieu collectif qui rassemblait au Légué, du coté St Brieuc, un collectif de jeunes marginaux) par la police..
Un récit qui nous fait découvrir l'évolution du port du Légué, les rues du vieux St Brieuc, mais aussi se poser des questions sur la place que notre société laisse aux personnes qui se trouvent dans les marges.
Merci à Denis pour cette histoire qu'on lit avec plaisir ..
ET hâte de découvrir ce que Gérard Alle et Sylvie Rouch ont choisi de faire vivre à notre ami Léo..
Plus sur le site de Léo

 

mardi 24 juin 2008

L'affiche du festival Noir sur la ville 2008

Très belle photo de la Gare de Lamballe (bravo au club photo de la MJC)
Les trains seront à l'honneur cette année avec plusieurs expositions..

lundi 23 juin 2008

Page 123...

C'est Kathel qui me propose de participer à ce petit tag,  :
J'ai ouvert le livre que je suis en train de lire, je suis allé  à la page 123, J'ai sauté les 5 premières phrases et copié les 4 suivantes.
Et voici donc :

-  Sans doute
-  Il revenait de la ferme. Certain !
Et Alors?
-  Il a parlé à la meuf! Moi, j'étais pour la niquer elle aussi! On aurait dû...

Ce dialogue est tiré du roman que je lis en ce moment...
J'ai déjà laissé des indices sur la série dont il fait partie..
Si Dasola et Rennette veulent bien continuer..

dimanche 22 juin 2008

Léo Tanguy

Je vous parlerai bientôt des aventures du nouveau copain de Gérard Alle, Denis Flageul et Sylvie Rouch : Léo. C'est un peu le cousin breton du Poulpe. En voici une brève présentation tirée de la Bible de la série..Il n'est pas né en Bretagne mais  à Paris en 1975, mais il y est venu depuis l’âge d’un an, et y habite  depuis que ses parents ont décidé de s’y installer, en 1990, alors qu'il avait15 ans. Il ne craint pas la pluie mais la chaleur (je crois reconnaître quelqu'un). Il aime les galettes-saucisses.
Comme le Poulpe, Il affectionne les faits-divers liés à des questions de société (répression policière, immigration, écologie, politique locale, crime organisé, trafic de drogue, alcoolisme, trafic d’influence, corruption, délits d’initiés, pollution, lobbies agricoles et agroalimentaires, spéculation immobilière, etc.).
Il aime donner la parole à ceux qui ne l’ont jamais.
On devrait donc bien apprécier ce personnage.

Chaque épisode devrait  mettre en scène une ville, une commune ou un « pays » breton particulier.

Les premiers sortis sont d'auteurs qu'à Lamballe nous connaissons bien : Denis Flageul (St Brieuc), Gérard Alle (Pays Bigouden) et Sylvie Rouch (Pays Malouin)

Pour tout savoir sur Léo, les livres, les auteurs.. Allez voir sur son site

samedi 21 juin 2008

Abdellatif Laabi

Très beau texte reçu ce matin. Merci Anne Marie.

Vertige d'être debout
tenant un vague gouvernail
Frêle est l'embarcation
Redoutables les récifs
Oubliés les mots de la prière
L'ancre ne sera pas jeté du ciel 

Abdellatif Laârbi

 Tribulations d’un rêveur attitré Editions de la Différence ( 2008)

Le site de l'auteur

mercredi 18 juin 2008

Mon traitre, Sorj Chalendon, Grasset

Sorj Chalendon qui est journaliste n'a pu raconter cette histoire dans son journal. Il a du passer par le roman pour dire sa douleur d'avoir été trahi. Car c'est d'une histoire vraie qu'il s'agit. Celle d'un jeune breton, fasciné par l'Irlande qui rencontre un des leaders de l'IRA qui deviendra son ami. Il apprendra, plus tard, que cet homme a été informateur des services secrets anglais.
Dans ce roman, le jeune homme est luthier et violoniste. Un peu seul en France, il se fait des amis en Irlande dans les milieux nationalistes. Il découvre avec ferveur, le combat des catholiques irlandais contre l'occupant britannique et va le faire sien. Il rencontre ainsi, Tyrone Meehan, l'un de leurs chefs. Cet homme lui fait découvrir tout ce qui fait l'âme irlandaise : dans les cafés, dans les landes.. Il va même, comme un père, lui "apprendre à pisser" . Il partage avec lui l'organisation de grandes manifestations auxquelles participent femmes, enfants, vieillards..
Et c'est cet homme qu'il découvre brutalement, comme l'ensemble de la communauté irlandaise, être un traître. Et il ne comprend pas..
"Je n'étais pas triste de moi. J'étais triste de nous. J'étais triste de ma somnolence, triste de mon affection, triste de mes certitudes. J'étais triste de chacun de mes gestes pour lui."
J'ai beaucoup aimé cette histoire, cette relation très forte entre le jeune luthier et son "traitre". Aussi, l'amour pour ce pays, ce peuple, cette culture qui se dégage du livre.
Hubert Artus en parle très bien sur Rue 89 et Yvon sur son blog

mardi 17 juin 2008

Le tiers livre de François Bon

Redécouvert le très beau site de François Bon, à travers deux articles.

Le premier sur facebook : "toutefois, je considère l’outil non pas comme un outil privé, mais une plate-forme donnant à celles et ceux qui le souhaitent un accès facile à mon actu et mon travail : donc j’ai beaucoup d’amis, merci à elles et eux".

Le deuxième sur les prix littéraires et en particulier le prix Louis Guilloux : "La littérature est invention, mais aussi intervention. Par Louis Guilloux, nous apprenons que l’un peut se conjuguer avec l’autre. Allons-y au culot : pourquoi ne pas récompenser un site Internet ?" "sortons du camp retranché de la littérature produit de consommation. C’est vital des deux côtés. Prix Louis Guilloux : un an d’accueil d’un auteur dans votre département, pour un projet d’écriture, et un partenariat de fond avec une bibliothèque, un lycée, un lieu de travail, la possibilité d’inviter d’autres auteurs pour des lectures, etc..."

Je trouve très riche cette ouverture aux nouveaux supports numériques, cette volonté d'appropriation . L'envie d'en faire des outils vivants, comme les prix littéraires..

dimanche 15 juin 2008

Les grèves, la mer monte

Les grèves près de
la pointe des Guettes

La mer monte

jeudi 12 juin 2008

Musique Irlandaise


(O'Donoghue's Pub, Dublin, Ireland. dlog730)

Je viens d'entamer "mon traître" de Sorj Chalandon, rencontré à St Malo . Le livre chroniqué ici par Yvon se passe en grande partie en Irlande. Ambiance de pub, place Plaisir d'entendre les Chieftains avec Sinead o'Connor


Découvrez The Chieftains!

mercredi 11 juin 2008

Amoureux grave, Elisabeth Brami, Philippe Lopparelli, Thierry Magnier

J'aime bien cette collection chez Thierry Magnier. Le principe : "une série de photos dont il ignore tout est confiée à un écrivain. Il s'aventure alors dans l'écriture d'un roman où ces photographies croisent la vie du héros pour le transformer".
Et c'est tout à fait ce qui arrive à Paul, héros de ce livre. Fils unique, il vit avec des parents qui sont un peu déçus par ses choix. Il ne trouve pas mieux que de choisir la série L qui comme tout le monde le sait bien ne débouche sur rien. Rêveur, il aime écrire des poèmes. A l'âge des premiers amours, il croise une jeune fille dans le bus dont il tombe amoureux. Quelques temps après, il reçoit des messages bizarres dans sa boite mel. Ils sont accompagnés de photos ambiguës.. Paul imagine très vite que c'est la jeune fille rencontrée qui lui écrit anonymement. Un échange démarre où Paul dévoile de plus en plus ses sentiments à travers des poèmes..
" Le soleil qui passe sur le bois aime ceux qui se désaltèrent, loin du monde déconcerté. Posez d'avantage votre visage sur le mien, approchez de mes yeux vos yeux. Soyez oublieuse de la suite".
Un très beau texte de Elisabeth Brami ponctué des poèmes de Paul et des photos très colorées de Philippe Loparelli

mardi 10 juin 2008

Tous des voleurs, Klezmer 3, Joann Sfar, Gallimard

Suite des aventures de nos héros commencées dans les tomes 1 et 2 .Le petit groupe est installé dans une grande maison à Odessa. Les règles de vie expliquent tout ce qui rassemble le petit collectif : "La musique est plus importante que le sommeil", "Si quelqu'un veut jouer de la musique, quelle que soit l'heure du jour et de la nuit, qu'il joue", "ce qu'on amène à la maison appartient à tous"," nous sommes une zone franche sans propriété privée"..Le plaisir de jouer de la musique guide les membres du groupe.. L'un va se faire des frayeurs pour voler un super banjo.. L'autre, très timide va rencontrer des femmes dans une maison un peu spéciale..
Avec toujours ces magnifiques dessins qui sont en phase avec cette musique envoûtante..
Le site de Sfar

lundi 9 juin 2008

Mort d'une drag-queen, Hervé Claude, Babel noir

Roman très dépaysant qui nous entraîne dans les milieux gays, en Australie. Sur une plage de Perth, on découvre le corps d'une drag-queen, Charlene,  morte. L'inspecteur Ange, gay lui même, mène l'enquête dans des milieux qu'il connaît bien. Mais pour éviter que celle-ci ne s'enlise par manque d'enthousiasme de la police, il demande à son ami Ashe de mener une enquête parallèle. Celui-ci va ainsi nous emmener à Sydney et à Perth. L'Australie est vue et se voit comme un pays de durs, d'aventuriers.. Avec Ashe nous découvrons une toute autre réalité.On découvre petit à petit que Charlène, dans sa jeunesse étudiante avait fait partie d'une très bonne équipe de rugby. Celle-ci avait même gagné un championnat important. Les soirs de victoire sont souvent bien arrosés et peuvent dégénérer. Un accident (?) mortel, ce soir là, sera à l'origine d'une série de meurtres après lesquels court Ashe. L'occasion de découvrir aussi les grands espaces australiens ..

vendredi 6 juin 2008

Prix unique du livre et sans papiers

Le prix unique du livre est en danger. J'ai découvert cette information sur Bibliobs.
Cet appel est relayé sur le blog "Lectures et autres".
Face au développement des mastodontes en ligne (amazon), je crois vraiment qu'il nous faut favoriser l'existence de librairies indépendantes de proximité.
Toutes celles que j'aime sont des lieux de rencontre, d'échange avec le libraire mais aussi entre lecteurs.
Il faut maintenir le prix unique du livre!!

Envie aussi de signaler, cet appel de Christophe Deltombe, Président d'Emmaus France à propos des sans papiers dans le Monde :

" Combien d'étrangers en situation irrégulière, mais parfaitement intégrés à la société française, vivent avec la peur au ventre parce qu'à tout moment un contrôle d'identité peut faire basculer leur vie ? D'où vient qu'il faille ainsi reconduire à la frontière des étrangers sans problème et utiles à notre économie ? La France n'est-elle pas précisément un pays d'immigration qui s'est enrichi des apports économiques et culturels de vagues successives d'immigrants ?
Des démographes tels qu'Hervé Le Bras nous apprennent qu'au motif que la France est considérée traditionnellement comme un pays d'immigration, on a pour habitude de ne pas comparer l'immigration à l'émigration. Or ils nous montrent que le solde migratoire est positif de l'ordre de 6 000 personnes par an, ce qui veut dire qu'il est quasi nul, car sur la décennie 1993-2002, 520 000 personnes ont quitté le territoire français."
"Il faut se pencher sereinement sur cette question, adopter des principes objectifs qui ne laissent pas aux préfets une marge d'appréciation telle que l'arbitraire soit le plus souvent la règle. Il faut que les acteurs socio-économiques aient leur mot à dire. Il faut tenir compte des avis de ceux qui côtoient, secourent, soignent ces populations, et sortir du désastreux spectacle donné par cette politique du chiffre qui assimile les immigrés sans papiers à des volumes de marchandises à produire."
"Et puis, ayant opéré cette mue du regard sur ces hommes, ces femmes et ces enfants, la France qui va présider en juillet l'Union européenne se montrerait digne de sa vocation de patrie des droits de l'homme en s'opposant à l'adoption annoncée, avant la fin du mois de juin, de la circulaire "de la honte", circulaire qui prévoit de prolonger la durée de rétention des sans-papiers dans les différents pays européens à dix-huit mois, véritable scandale humanitaire."


jeudi 5 juin 2008

Dans la vie, Philippe Faucon

Un film optimiste dans une période de repli sur soi. Esther, une femme juive, âgée, est incapable de se suffire à elle même. Elle est toute la journée dans son fauteuil roulant. Pour seule compagnie, il n'y a que son fils, une aide ménagère et une infirmière. Esther n'est pas toujours très agréable et les personnes chargées de s'occuper d'elle ne restent pas très longtemps. Un jour, une jeune infirmière d'origine arabe vient lui faire ses soins. Esther est heureuse de parler de son pays d'origine avec elle. Elle est pied noire. Et quand l'aide ménagère s'en va excédée par la mauvais humeur d'Esther. C'est tout naturellement que la jeune infirmière propose que sa mère, Halima vienne faire le travail. Très vite, le courant passe entre les deux femmes, même si chacune a derrière la tête toute une série de griefs à l'égard de la communauté de l'autre. Halima, est tout particulièrement, très indépendante d'esprit. Elle va jusqu'à accueillir pour un mois Esther chez elle dans un quartier plutôt musulman..
Une petite leçon de tolérance, d'indépendance d'esprit, de fraternité quand tout va dans le sens contraire..

La critique de l'humanité

mercredi 4 juin 2008

Unilot de bonheur, Chabouté, Paquet

Très bel album. Peu de textes, des dessins en noir et blanc. Beaucoup de silences pleins de sens.
C'est l'histoire d'une jeune garçon et d'un SDF. Ils se retrouvent sur un banc. L'un est silencieux par habitude. L'autre vient se réfugier là après s'être échappé des disputes entre ses parents à la maison. Et ils s'apprivoisent. Tous les deux vont s'aider à mieux regarder ceux qu'ils aiment. Le clochard va permettre à l'enfant de comprendre son père. L'enfant donnera au SDF l'envie de revenir dans la société des hommes.

mardi 3 juin 2008

Un siècle de novembre, W. D. Wetherell, Les allusifs

Très beau livre découvert grâce à Rennette. Automne 1918, Charles Marden, magistrat canadien décide de partir sur les traces de son fils, Billy mort en France dans les tranchées. Il refait le chemin effectué par celui-ci pour arriver dans le Nord de la France. La traversée en bateau avec d'autres parents canadiens. Un court séjour en Angleterre où il découvre qu'une jeune femme, Elaine est aussi sur les traces de son fils. Arrivé en France, c'est la vie des soldats dans les tranchées qu'il va découvrir : la boue, les gaz, les maladies mais aussi l'incompétence de certains officiers, les morts par accident..
Il va, jusqu'au bout, rechercher le lieu et les circonstances de la mort de Billy. Avec Elaine, c'est un peu son fils vivant qu'il va retrouver..
Un très beau livre sur la bêtise de la guerre, son inhumanité mais aussi sur la force de l'amour. Un très beau texte..