La Mer pour horizon

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vendredi 15 août 2008

Zoli, Colum McCann, Belfond

Très beau livre de Colum McCann. Zoli est une jeune tzigane. Petite, son grand-père, proche dans les idées, des révolutionnaires russes, l'autorise à apprendre à lire et écrire. Ce qui était interdit pour les filles par son peuple. Zoli adore chanter les airs traditionnels. Elle se met à écrire, elle même des poèmes qu'elle chante. Elle va devenir l'icône d'une possible intégration des gitans dans la société révolutionnaire. 
Un très beau livre qui fait réfléchir sur les politiques ou les idéologies qui veulent faire le bien des gens malgré eux, sur la richesse de ces sociétés si proches de la nature..
Quelques extraits

"Il disait qu'un bon livre avait besoin d'une bonne oreille"

"Elle ne savait pas dormir entre quatre murs, elle prétendait que les pièces se refermaient sur elle (...) elle ne pouvait pas comprendre qu'on se baigne dans de l'eau stagnante...

"Il a écrit un jour que la vie d'un homme  ne comporte vraiment un début, un milieu, une fin qu'au moment où il la quitte. jusque là, nous restons incomplets, inachevés, impossible de situer le point médian. c'est donc le dernier mot qui place une phrase au centre et qui, dans un sens, articule toute la strophe- la mort nous définit."

"Au cœur du problème : l'assimilation, l'appartenance, l'ethnicité. nous les voulions; eux voulaient qu'on les laisse tranquilles. mais, pour cela, il fallait savoir quelle vie ils menaient, et cette vie se trouvait dans les chansons de Zoli"

"N'essayez pas de nous changer. nous sommes entiers. citoyens de notre espace (...)"

"Stransky lui avait affirmé que seule la poésie savait capter toute l'horreur des consciences. elle en avait douté aussitôt, pour elle, la poésie s'allumait, s'éteignait comme les lumières des tours, ni plus, ni moins"

mardi 27 mai 2008

Entre les murs

Très heureux de la palme d'or pour ce film inspiré du roman de François Bégaudeau dont j'avais parlé ici. J'aime bien cet auteur, sa façon de prendre en compte la réalité telle qu'elle est, de la regarder avec bienveillance et en même temps de dire sa fatigue, ses peurs..
Heureux que grâce à cette palme, la richesse d'une société multiculturelle soit valorisée en même temps que pointées les tensions, voir les fissures que cette diversité peut provoquer.
Vivement qu'on puisse voir le film. 
J'aime bien ce qu'en dit François Dubet dans Libération : "Oui et je l’ai aimé. Trop souvent les livres d’enseignants sur l’école montrent des gens cultivés face à des barbares ou, comme ceux de Brighelli, expliquent que tout fout le camp. Dans ce livre, on voit des élèves qui ne parlent pas la même langue que leur professeur, qui n’ont pas les mêmes centres d’intérêt. Mais Bégaudeau y croit. Il n’est ni dans la nostalgie ni dans la plainte. Ce n’est pas un livre d’imprécations. Ce qu’il décrit est juste." Voir aussi le billet de Philippe Wattrelot sur son blog

dimanche 2 avril 2006

"Entre les murs" François Bégaudeau (Verticales)

Un régal. Envie de lire à voix haute.
L'auteur est prof de français en banlieue parisienne. Il nous raconte la vie quotidienne ou plutôt la lutte quotidienne dans son collège. L'arrivée à contrecœur , l'ambiance d'espace protégé de la salle des profs.. Et puis, la classe :  comment apprendre la grammaire, le subjonctif à des élèves qui ont très peu de vocabulaire, qu'il faut par ailleurs "dresser", à qui il faut donner des repères.
François, qui n'est pas un héros ni un super prof, mène chaque jour, chaque heure son combat pour faire grandir les jeunes avec qui il travaille..
Beaucoup d'humanité, de tendresse, ..